La rivière Moisie devient la première aire protégée de conservation autochtone

Par Vincent Rioux-Berrouard 12:16 PM - 2 septembre 2025
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Les élus du Conseil d’Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam ont annoncé la création de l'aire protégée innue du bassin versant de la Mishta-shipu. Photo Vincent Rioux-Berrouard

Le bassin versant de la Mishta-shipu (rivière Moisie) a été proclamée comme étant la première aire protégée de conservation autochtone (APCA) au Québec par le conseil de Uashat mak Mani-utenam (ITUM).

Cette initiative vise à protéger le Nitassinan et à préserver les ressources, notamment le saumon et le caribou.

« Aujourd’hui, nous affirmons que les membres de Uashat mak Mani-utenam sont les principaux responsables de  la protection du Nitassinan. Nous reprenons notre place comme gardien légitime du territoire », a affirmé le chef Jonathan Shetush.

L’aire protégée innue visera également à valoriser les lieux patrimoniaux dans le bassin versant de la Mishta-Shipu, notamment les endroits de portages et le lac Mitinipi.

Cette annonce a été faite dans le cadre du 100e jour du mandat des nouveaux élus de ITUM. Pour le chef Jonathan Shetush, cette proclamation illustre bien les cent premiers jours du nouveau conseil qui ont porté sur la défense de la souveraineté du territoire et le bien-être de la communauté.

Pour le chef Shetush, il était important de créer cette zone protégée dans le contexte actuel. Il fait référence au litige judiciaire qui oppose actuellement la communauté et le Camp de pêche de la rivière Moisie. Le club privé poursuit la communauté et le chef afin de les empêcher d’avoir accès au territoire du camp de pêche.

La collaboration du gouvernement fédéral et provincial est demandée dans cette démarche d’aire protégée de conservation autochtone (APCA).

« J’envoie un message d’ouverture. S’ils veulent nos aider et nos accompagner , on est ouvert à cela », dit-il.

Le chef ajoute également que les utilisateurs du territoire ne doivent pas être inquiets par rapport à cette annonce. La communauté souhaite avant tout travailler à la conservation du territoire.

Consultation

Dès cet automne, une consultation sera menée auprès des membres afin de leur permettre de déterminer le nom de l’aire protégée innue. Ce processus servira aussi à déterminer les modalités de conservation et d’aménagement de la zone, en cohérence avec la culture et les traditions innues.

« La consultation va s’adapter aux membres », commente le chef, afin qu’il y ait le maximum de participants.