Tennis junior Sept-Îles craint les impacts de la perte de quatre terrains
La présidente de Tennis junior Sept-Îles, Eve Goulet et les membres de son CA ne sont pas d'accord avec les intentions de la municipalité de ne pas reconstruire les terrains de tennis quand le nouvel hôtel de ville prendra place derrière le Centre socio-récréatif. Photo Sylvain Turcotte
L’organisation de Tennis junior Sept-Îles déplore les intentions de la Ville de Sept-Îles de ne plus reconstruire les terrains lorsque le nouvel hôtel de ville prendra place derrière le Centre socio-récréatif.
Une inquiétude et un désaccord pour plusieurs raisons, même si l’organisation est au fait qu’elle devrait se retrouver au parc Bruno-Pauletto, derrière l’école Manikoutai.
Selon l’organisation, la perte de quatre terrains aurait un effet entonnoir, comprimant l’offre de services en dehors des heures du club, qui occupe les terrains une quarantaine d’heures par semaine. Il ne reste pratiquement que de 19 h 30 à 22 h pour la population, fait savoir la présidente de Tennis junior Sept-Îles, Eve Goulet. « Ce n’est pas grand-chose », a-t-elle exprimé, lors d’une entrevue avec le Journal, suivant la publication d’un communiqué.
Il n’y a pas de données à la ville, « d’empreintes à savoir à quelle fréquence la population utilise les terrains », a-t-elle ajouté. Ce qui est disponible, ce sont les statistiques du club, son nombre de membres et ses plages horaires.
« Durant nos périodes de pointe, les terrains de tennis et de pickleball derrière Manikoutai sont tous occupés », a indiqué Mme Goulet.
Elle craint que la perte de terrains de tennis fasse en sorte que des gens ne puissent découvrir ce sport. Des impacts aussi sur le club s’il doit revoir son offre, restreindre ses groupes. « On travaille pour offrir plus, on ne veut pas plafonner. Le message, c’est qu’on ne veut pas perdre la culture du tennis », a soulevé la présidente.
« On va perdre la vitalité qu’on a créée », a-t-elle souligné, parlant de la popularité croissante du club dans les deux dernières années. Il y a également un fort intérêt pour la prolongation de la saison de Tennis junior Sept-Îles, notamment chez les immigrants arrivés à Sept-Îles qui ont inscrit leurs jeunes. « Les nouveaux arrivants ont la volonté de poursuivre le sport qu’ils pratiquaient dans leur pays », a mentionné Eve Goulet.
Elle ne veut pas que le club soit un acteur qui freine ou bloque le développement de ce sport, et que la population en soit privée.
« Cette spirale fera que la population sera mal desservie », se désole-t-elle.
Absent de la démarche
Le conseil d’administration de Tennis junior Sept-Îles n’a pas été consulté pour les raisons pour la non-relocalisation derrière l’aréna Guy Carbonneau, près du nouveau skatepark. Le maire Denis Miousse avait évoqué le bruit, lors d’une entrevue avec le Journal.
Si d’autres raisons motivent la Ville, un autre projet pour la jeunesse, l’organisation de Tennis junior Sept-Îles peut comprendre, mais l’argument du bruit, « ça m’échappe, car en aucun temps on a été consulté. On aimerait les vraies raisons », a exprimé Mme Goulet.
En tant qu’organisme partenaire de la Ville, Tennis junior Sept-Îles trouve ça dommage de ne pas avoir été consulté dans la démarche.
« L’argument du bruit, c’est tiré par les cheveux », a-lancé Eve Goulet. Dans le communiqué, le CA fait allusion que les athlètes professionnels du prestigieux tournoi US Open jouent directement sous la ligne d’approche finale de l’aéroport JFK aux États-Unis.
Sans vouloir s’immiscer dans le dossier sur le lieu du projet du nouvel hôtel de ville, le CA lance que « le scénario idéal, c’est qu’on ne bouge pas. C’est un secteur sportif, récréatif. Pourquoi défaire cette synergie-là ? », a dit Eve Goulet.
Et le CA ne veut pas s’avancer sur un tennis intérieur. Ce qui l’intéresse pour le moment, « c’est de ne pas se faire couper l’herbe sous le pied. On veut conserver nos acquis », a fait savoir la présidente.
« Ce n’est pas juste pour nous. On ne peut pas être insensible sur ce qui va être disponible pour la population. On voit une vague d’insatisfaction (depuis l’annonce). On porte la voix de la population. Il faut que j’écoute ce que les gens disent. C’est elle le baromètre », a mentionné Mme Goulet
Le conseil d’administration de Tennis junior Sept-Îles sait l’impact que la mobilisation citoyenne peut avoir. « On l’a vue avec le skatepark et l’Académie de judo », a-t-elle dit.
L’organisation soulève que le sport est un outil de rétention et d’attractivité. La présidente dit voir les bénéfices alors que ses enfants sont des sportifs accomplis et qu’elle est investie dans le club depuis quelques années.
Les explications de la Ville
De son côté, la directrice générale de la Ville de Sept-Îles, Catherine Lauzon, souligne que la relocalisation derrière l’aréna Guy Carbonneau était ce qui avait été annoncé au printemps 2024, mais qu’au fur et à mesure que se dessinait le skatepark, encore plus quand il est devenu concret, « que les élus avaient davantage une vision pour une clientèle ado, une offre complémentaire pour eux sur le site. Tous les scénarios sont ouverts pour développer de quoi pour cette clientèle ».
La Ville compte ainsi relocaliser les activités de Tennis junior Sept-Îles sur les terrains du parc Bruno-Pauletto. Un bâtiment de service sera ajouté. La municipalité donnera la priorité au club pour les plages horaires.
« Les citoyens seront invités à utiliser les terrains de Steve-Duchesne ou de parc Ferland », mentionne Mme Lauzon. La directrice générale souligne que ces deux endroits seront plus invitants alors que s’achève la rénovation des surfaces. « On a espoir qu’ils seront utilisés par les gens ».
La Ville n’exclut pas la possibilité d’évaluer la situation dans le futur et d’ajouter des terrains de tennis supplémentaires.
« Actuellement, avec le nombre de terrains qu’on a, on est confiant que ça réponde à la demande. On n’a pas eu de plainte cet été comme quoi il n’y avait pas de terrains disponibles », indique-t-elle.
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