Par Charlotte, votre humble et intrépide chroniqueuse exploratrice.
Ahhh, les plages de la Côte-Nord ! Certaines se prennent pour des vedettes, d’autres se la coulent douce à l’abri des projecteurs. Et puis, il y a Gallix. Modeste, secrète, presque timide. Une plage qui ne crie pas sa beauté sur tous les toits, mais qui, une fois rencontrée, ne s’oublie plus. Mon cœur, lui, a tranché depuis longtemps : c’est Gallix, et pas une autre.
À ceux qui rêvent de cocktails au bord d’une piscine turquoise : passez votre chemin. Mais si votre idéal de vacances implique des kilomètres de sable blond, le murmure du vent dans les dunes, des phoques qui vous toisent au loin et le parfum des algues marines… approchez, j’ai quelque chose à vous montrer.
Une plage qui joue à cache-cache
Gallix, c’est comme une vieille chanson qu’on fredonne sans se rappeler d’où elle vient. On y accède par une route discrète, entre Port-Cartier et Sept-Îles, et rien n’annonce qu’on s’apprête à tomber sur un trésor. Et pourtant… dès que vos sandales touchent ce sable doux comme une pâte sablée sortie du four (mais nettement moins chaud), le charme opère.
Ici, pas de flafla. Pas de cabane à churros ni de paddleboarders bronzés. Juste une vaste étendue de sable doré, des dunes modelées par le vent, et ce silence… ah, ce silence ! Celui qu’on ne trouve que dans les lieux qui ne cherchent pas à plaire.
Un air d’Écosse, version boréale
Vous pensez que j’exagère ? Très bien, comparons. Prenez un avion, direction les Hébrides extérieures de l’Écosse, et arrêtez-vous sur l’île de Harris. Là-bas, la plage de Luskentyre vous accueillera avec ses dunes blondes, son eau turquoise et ses moutons en liberté qui regardent la mer avec l’air d’avoir tout compris à la vie.
Gallix, c’est un peu sa cousine québécoise. Moins connue, moins instagrammée, mais tout aussi spectaculaire. L’eau y est moins turquoise, certes, mais la lumière y a ce même génie dramatique : un ciel qui change toutes les cinq minutes, une mer qui hésite entre le gris acier et le bleu pétrole, des nuages qui dansent comme des Écossaises un soir de whisky.
Et si vous êtes tannés de la Norvège ou de l’Écosse, sachez que moi aussi, mais là, ce n’est pas ma faute si nos bouts de pays se ressemblent comme deux sœurs indomptables, voguant égoïstement sur les confins de leurs continents respectifs, avec le vent dans les cheveux et le sable entre les orteils.
Gallix, le luxe du rien
Pas de service, pas de kiosque, pas de musique : voilà le grand luxe de Gallix. On y va pour marcher, pour respirer, pour décrocher. Pour s’enfoncer les pieds dans un sable moelleux, regarder les mouettes se chamailler dans le ciel, écouter les histoires que le vent raconte aux pins.
On y pique-nique avec des chips soufflées par le vent, on y fait voler un cerf-volant bancal, et on s’y baigne… bon, disons plutôt qu’on s’y mouille vaillamment les mollets… l’eau est froide (soyons honnêtes), mais parfois, par miracle ou par courant favorable, elle se réchauffe un brin. Juste assez pour qu’un Nord-Côtier téméraire y plonge avec un cri de guerre !
Certains plantent leur tente à l’orée des dunes, en mode camping sauvage. Et pourquoi pas ? Tant qu’on respecte le code sacré : pas de feu, pas de déchets, pas de décibels inutiles. Gallix est une introvertie : elle aime la tranquillité, les visiteurs polis, les enfants qui ramassent des coquillages sans crier.
Gallix n’est pas seule
Rendons tout de même hommage à ses complices nord-côtières : la plage Rochelois de Port-Cartier, avec ses airs de Côte d’Azur version granit. Aguanish, étendue lunaire aux allures de bout du monde. Et Pointe-aux-Anglais, qui regarde l’horizon avec la sagesse d’un vieux capitaine.
Mais Gallix, elle, c’est ma préférée. Parce qu’elle ne fait rien pour séduire. Parce qu’elle ne cherche pas à gagner des concours de beauté. Elle est simplement là, belle comme un matin sans alarme, vaste comme une idée qu’on n’a pas encore eue, libre comme un dimanche sans horaire.
Gallix, c’est un secret. Un secret qu’on veut garder… mais qu’on meurt d’envie de partager. Alors oui, je me trahis un peu en vous en parlant. Mais je me console en me disant que les vrais amoureux de nature brute et d’océan indompté sauront la traiter avec le respect qu’elle mérite.
Et toi, touriste discret ou habitant distrait, tu sais maintenant ce qu’il te reste à faire. Attrape ta chaise pliante, ton coupe-vent, ton cœur d’enfant, et va marcher là-bas, là où la mer ne promet rien, sauf peut-être un peu de paix.
Votre dévouée Charlotte, éclaireuse intrépide sur les sentiers sablonneux du bout du monde depuis les dunes de Gallix.

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WoW bravo !!!
oh que oui on a ses plus belles plages au Québec qui méritent bien votre beau texte enchanteur.