L’autre tordeuse qui sévit sur la Côte-Nord
Larve de tordeuse du tremble. Photo MRNF
Tout le monde connaît la tordeuse des bourgeons de l’épinette, TBE pour les intimes, mais saviez-vous qu’elle n’est pas la seule tordeuse à sévir chez vous ? Découvrez la tordeuse du tremble !
L’épidémie de tordeuse du tremble ne soulève pas les passions, pas plus que les avions de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM).
« Il n’y a pas d’intervention pour cet insecte indigène présent dans les forêts canadiennes depuis des milliers d’années. Il faut seulement laisser passer l’épidémie et, idéalement, il faut s’arranger pour avoir des peuplements en santé tout en se méfiant des facteurs aggravants comme des sécheresses prolongées », indique l’entomologiste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), Pierre Therrien.
Elle n’en est pas à sa première présence sur la Côte-Nord, mais la présente épidémie est récente. « On a commencé à en voir l’an dernier. On parlait alors d’une défoliation légère. Cette année, elle est de modérée à grave », témoigne M. Therrien.
Le cycle épidémique de la tordeuse du tremble a débuté il y a environ 6 ans dans la province.
« Elle est passée en Abitibi, au Lac-Saint-Jean, où la situation est moins grave cette année. Il y en a un peu au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, mais présentement, l’épidémie la plus intense est sur la Côte-Nord », fait savoir Pierre Therrien.
Celle-ci a débuté en 2024, mais ne s’éternisera pas. « Les épidémies sont de courte durée, environ 3 ans, alors que pour la TBE, on parle de 15-20 ans, avec des dommages importants à la matière ligneuse », précise-t-il.
Les épidémies prennent normalement fin sous l’effet d’ennemis naturels comme les oiseaux, les petits mammifères, les virus, précise le spécialiste.

Difficile à suivre
Son aire de répartition actuelle débute à Baie-Comeau et s’étend vers l’ouest, où elle ne dépasse pas la rivière Saguenay.
« On en voit sur des dizaines de kilomètres vers le nord à partir de la côte, mais elle n’a pas encore atteint Charlevoix », précise M. Therrien.
Contrairement à ceux de la TBE, les déplacements de la tordeuse du tremble sont difficiles à suivre.
« Le Service canadien des forêts peut se servir des radars pour suivre les vols de TBE, parce que ce sont des vols massifs. On parle de millions de papillons ! Sur les radars, on dirait des précipitations, mais comme il n’y a pas de pluie, on sait que c’est de la tordeuse des bourgeons de l’épinette ! »
Si elle fait moins les manchettes, c’est peut-être parce qu’elle est moins dommageable pour les espèces qu’elle convoite, principalement le peuplier faux-tremble, mais également, à plus petite échelle, le bouleau à papier, l’aulne rugueux et le cerisier de Virginie, notamment.
« La tordeuse du tremble n’est pas un xylophage (qui mange le bois), mais un défoliateur alors le bois peut-être récolté sauf si l’arbre est mort depuis quelques années. Les peuplements résistent bien sauf les arbres affaiblis, alors la tordeuse du tremble a pour effet d’assainir le peuplement », conclut l’entomologiste.
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