Après avoir frappé à toutes les portes, Érika Glazer-Gauthier sent que son message commence à résonner jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. Cette mère de famille de Chute-aux-Outardes, qui dénonce depuis des mois le délai d’attente de 900 jours pour obtenir un service en orthophonie dans le réseau public, a rencontré le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant le 4 août.
Durant une quinzaine de minutes, elle a pu lui exposer sa situation, remettre un dossier complet et obtenir une oreille attentive. « Il était vraiment surpris du délai. Quand je lui ai dit que ça faisait 900 jours, il a été estomaqué », témoigne-t-elle.
Mme Glazer-Gauthier indique avoir senti chez le ministre « plus l’humain que le politicien », un moment marquant dans sa quête d’équité régionale.
Après leurs échanges, le ministre Carmant a rapidement répondu à Mme Glazer-Gauthier par courriel en lui précisant qu’il avait lui-même contacté le nouveau PDG du CISS Côte-Nord, Jean-François Miron, afin d’avoir des précisions sur ce délai d’attente. « Il m’a promis que la situation sera corrigée avant la rentrée », lui a-t-il écrit en la remerciant de l’avoir tenu au courant de cet important délai.
Son fils, qui doit entrer à la maternelle en septembre, n’a toujours pas vu d’orthophoniste du réseau public, malgré une évaluation privée et des suivis temporaires. Il est sur la liste d’attente du CISSS Côte-Nord depuis avril 2022. « Il est soutenu par une éducatrice spécialisée, mais certaines choses relèvent clairement d’une orthophoniste », dit-elle.
Sa pétition, parrainée par le député Pascal Bérubé, doit être déposée à l’Assemblée nationale en septembre. En attendant, elle poursuit ses démarches pour rencontrer le premier ministre François Legault. « C’est lui que je veux rencontrer. C’est une promesse politique que je réclame », insiste-t-elle.
Le point de vue du député Montigny
Le député de René-Lévesque, Yves Montigny, affirme pour sa part que son équipe travaille activement sur le dossier. « On suit ce dossier-là à la semaine près. J’en ai reparlé au PDG du CISSS et je vais le relancer dans quelques jours », insiste-t-il. « Mon rôle, c’est de connecter les citoyens avec les décideurs, ce que j’ai fait dès le début. »
Bien qu’il ait décliné de parrainer la pétition, une pratique qu’il dit ne pas faire, M. Montigny assure que l’objectif est clair : « réussir à donner le service auquel cet enfant a droit ».
510 jours d’attente, dit le CISSS
Selon le CISSS de la Côte-Nord, le délai moyen d’attente pour obtenir des services en orthophonie est actuellement de 510 jours dans la région.
Sur les 296 enfants inscrits dans la trajectoire langage, 50 reçoivent déjà des services, 28 sont en attente d’orthophonie après avoir vu un autre professionnel et 90 bénéficieront du programme de stimulation du langage Mots d’enfants comme premier service.
Ce programme, implanté au printemps, peut être offert par une éducatrice spécialisée et permet notamment des suivis à distance avec les enfants qui en ont la capacité. Le CISSS soutient que ce même programme sera bientôt soutenu par une orthophoniste en support-conseil.
Le CISSS compte 9 orthophonistes à temps plein sur 16 postes prévus. Deux nouvelles orthophonistes sont attendues à la fin de l’été, et une troisième à l’automne pour offrir des services à distance, dans l’objectif de réduire les délais.
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