Students on Ice : une expédition inoubliable pour Mathilde Bienvenu
Mathilde Bienvenu ne regrette pas de s'être inscrite à Students on Ice. Photo Students on Ice
À seulement 18 ans, la Nord-Côtière d’adoption, Mathilde Bienvenu revient transformée d’une expédition inuite et scientifique d’envergure, organisée par la Fondation Students on Ice.
Étudiante en Techniques d’aménagement cynégétique et halieutique au Cégep de Baie-Comeau, la jeune femme native de Laval, mais résidente de Sept-Îles depuis de nombreuses années, a vécu un périple à la fois immersif et inspirant dans le Nord canadien. Elle est partie à la rencontre de la biodiversité et des cultures autochtones, accompagnée d’autres jeunes engagés de partout au pays.
« Ce qui m’a le plus marquée, c’est la vie sur le bateau », lance-t-elle en entrevue avec le journal Le Manic. « On partageait tout, le même espace, les repas, les moments forts et ça a créé des liens très vite, très forts. »
Après un passage à Ottawa et à Goose Bay, la délégation a rejoint le village de Nain, au Nunatsiavut, pour une série d’activités culturelles, scientifiques et communautaires. Sur place, Mathilde s’est liée d’amitié avec Noa de Winnipeg, Olivia d’Ottawa et Samara, sa compagne de cabine. Des rencontres précieuses pour elle.
Une conscience qui s’approfondit
Pour Mathilde, ce voyage n’a pas seulement élargi ses horizons, mais il a renforcé sa volonté de s’impliquer concrètement dans la protection de l’environnement. « Avant, je savais que je voulais poser des actions, mais je ne savais pas par où commencer, dit-elle. Maintenant, je sais que je ne suis pas seule. Je me sens outillée, entourée de gens avec qui je vais pouvoir bâtir des projets. »
Son rapport à la nature a aussi été bouleversé par les enseignements reçus sur le terrain. Lors d’une randonnée avec une garde-ours locale, elle découvre les usages traditionnels des plantes médicinales.
« C’était fascinant de voir leur respect pour la nature, de prendre seulement ce dont on a besoin. Il fallait toujours demander la permission avant de cueillir quoi que ce soit », raconte-t-elle touchée de ces moments.
À la rencontre des savoirs
Immersion, transmission et humilité ont été au cœur du séjour. Mathilde se dit profondément touchée par les histoires, les chants et les démonstrations culturelles partagées par les aînés inuits. « J’étais impressionnée par leur mémoire et leur capacité à transmettre des récits génération après génération. »
Parmi les moments marquants, elle évoque une séance de pêche. « On peut voir dans mon visage à quel point j’étais excitée sur la photo, mais ce que j’ai aimé, c’est qu’on relâchait les poissons. C’était une pêche récréative, respectueuse et ça me rejoignait beaucoup plus que de les consommer. »
Une porte ouverte sur l’avenir
Mathilde entamera bientôt sa deuxième année collégiale à Baie-Comeau, mais garde les yeux ouverts sur les possibilités d’avenir.
« Je ne sais pas encore exactement dans quoi je vais me spécialiser, mais ce programme me permet de découvrir », explique-t-elle.
Elle prévoit d’ailleurs partager son expérience dans le cadre d’une présentation en classe, et ne ferme pas la porte à sensibiliser un public plus large. « Ce projet-là mérite d’être connu. Je n’ai aucun regret d’y avoir participé, même si j’ai dû faire une croix sur ma job d’été », évoque-t-elle sans regret. « Des jobs, il y en aura d’autres et cette expédition, c’est une chance unique. »
Reconnaissante envers la Région de biosphère Manicouagan-Uapishka et les fonds d’aide qui ont permis son inscription, elle lance un appel aux jeunes de la région. « N’hésitez pas à vous lancer. Ce genre d’aventure peut vraiment changer une vie. Moi, ça m’a changée », conclut-elle.

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