Lorsque la nouvelle publicité pour promouvoir la Côte-Nord est apparue à l’écran, plusieurs personnes, dont je fais partie, ont crié au coup de génie. Le parallèle avec la Norvège et cet acteur convaincant, ne pouvaient mieux présenter l’immensité et la diversité de notre coin de pays. Ajoutez à cela cette nouvelle aversion développée, à raison, pour des États-Unis qui ont entrepris une guerre commerciale contre le Canada et tous les ingrédients étaient en place pour connaître une saison touristique exceptionnelle… tous, sauf !
Le Québec n’a besoin de personne pour briser son élan, il sait se saborder lui-même. La grève des traversiers entre Matane et la Côte-Nord a de quoi nous faire rager, mais elle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’une approche à courte vue de politiciens qui nous parlent continuellement d’économie, mais qui en ébranlent continuellement les fondements.
La traverse entre Matane et la Côte-Nord, c’est notre autoroute à nous, au même titre que la 20 entre Québec et Montréal. Croyez-vous sincèrement que le gouvernement accepterait, les bras croisés, que la 20 reste fermée, parce que ceux qui ouvrent la route en hiver feraient valoir leur droit de grève ?
Poser la question c’est y répondre. Mais surtout, comment se fait-il que personne n’a pensé qu’une convention collective échue depuis le 1er avril 2023 nous mènerait à cette situation catastrophique pour notre région. Est-ce que quelqu’un a sérieusement pensé que tout ça ne se terminerait pas avec l’arrêt des services ?
Vraisemblablement la Côte-Nord est victime, encore une fois, soit d’incompétence, soit d’indifférence, soit de négligence et probablement de tous les trois. Si nos politiciens utilisaient la traverse comme ils utilisent la 20, nous passerions un été magnifique, parce qu’ils auraient pris les moyens de prévenir cette grève.
La prévisibilité semble un mot très difficile à maîtriser pour des gens dont la vision ne semble pas dépasser les 4 ans. Dans combien de dossiers avons-nous appris que l’information était colligée depuis belle lurette : coupure de services dans les soins de santé… prévisible, détérioration des services dans les CHSLD… prévisible, détérioration des hôpitaux et de nombreuses écoles… prévisible, crises de la main-d’œuvre et du logement… prévisible, crise de l’immigration… prévisible etc, etc, etc.
Comment peut-on en arriver à faire fi de toute cette information disponible et préférer administrer une continuelle gestion de crise ? Il n’y a malheureusement pas de plan de match, continuellement à la remorque des évènements, à rechercher le coup de circuit sans réfléchir à la partie qui se joue sous nos yeux.
De la gestion de crise, c’est beaucoup d’argent injecté pour maintenir en vie un système d’aviation archaïque et contreproductif. C’est beaucoup d’argent misé sur un réseau maritime continuellement à l’arrêt et sans tenir compte qu’il y a des conventions collectives à renouveler au juste moment et c’est un réseau routier dont on n’a pas encore planifié l’achèvement, misant plutôt sur des annonces sporadiques, lorsque les esprits s’échauffent.
Pour la Côte-Nord, le transport est un élément clé de toute stratégie qui vise le renversement de la tendance démographique des dernières années et la fiabilité de la traverse entre Matane et la Côte-Nord est condamnée à faire partie de cette stratégie pour encore de nombreuses années, alors, serait-il possible de prendre ça un peu plus au sérieux ?
Outre pour notre énergie, nos mines et désormais nos terres rares, qu’elle est la réelle ambition du gouvernement du Québec pour la Côte-Nord ?
La réponse à cette question se trouve en partie dans la gestion qui a mené à cette coupure indécente et prolongée de service des traversiers et elle viendra aussi de la suite qu’il donnera au dossier du pont sur le Saguenay, alors que toutes les études sont désormais derrière nous.
Est-ce que la stratégie consistera encore une fois à gagner du temps… les paris sont faits !
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Très bon article. Ça réflète vraiment ce que j’en pense de ce dossier de la traverse et du pont sur le Saguenay. Devrions-nous collectivement descendre dans la rue… et pourquoi pas?
On fait dur Réjean, tu as bien raison. Aucun projet de société. L’avenir de nos enfants est en grand danger. Dettes publiques, déréglements climatiques, nos dirigeants voient petit. Et que dire de la dérive numérique de nos institutions publiques ?