Les longicornes noirs prennent d’assaut la Côte-Nord
Le monochamus scutellatus de son nom scientifique ou barbeau pour les intimes est davantage présent sur notre territoire cette année. Photo iStock
Les voici volant dans votre cour, atterrissant tantôt dans le moustiquaire de la porte ou dans vos cheveux : les longicornes noirs, éternels ennemis du bon temps. Inutile de vous pincez, car ce n’est pas un rêve, ils sont plus nombreux qu’à l’habitude cette année.
Bien qu’il n’existe pas de chiffres ou d’estimations exactes sur leur nombre, on fait le constat dans différentes parties du Québec que les longicornes noirs sont plus nombreux que l’an dernier.
Ce sont les feux de forêt de 2023 sur la Côte-Nord qui ont notamment contribué à leur prolifération.
« Ça s’est vu dans l’ouest de la province comme en Abitibi-Téminscamingue où il y a eu des feux. Les femelles pondent leurs œufs sur des troncs d’arbres résineux affaiblis, dont ceux qui ont brûlé », explique l’entomologiste au ministère de Ressources naturelles et des Forêts, Pierre Therrien.
Ce dernier cite les différentes essences de résineux comme les pins, les épinettes et le sapin qui sont en fin de vie ou fraîchement coupés comme de bons hôtes pour accueillir les colonies de ces coléoptères.
Cycle de maturation atteint
Les longicornes noirs issus des larves d’il y a deux ans sont des individus matures, et « on voit le résultat » depuis le mois de juin, rappelle Pierre Therrien.
L’entomologiste estime que cette tombola en continu pour les longicornes noirs ne va pas manquer à attirer quelques intéressés comme les petits mammifères, les araignées, certaines mouches et les pic-bois pour ne nommer que ceux-ci.
« On peut s’attendre à ce que les populations d’ennemis naturels augmentent l’an prochain étant donné l’importance des populations de longicornes noirs cet été », affirme M. Therrien.
Pour l’an prochain, ce dernier affirme que le nombre de longicornes reviendront à un niveau plus normal.
Pas de danger
Heureusement, il y a plus de peur que de mal dans le cas des longicornes noirs. Avec leur apparence d’extraterrestre menaçant, leur taille d’une vingtaine de millimètres et leurs longues antennes laissent présager le pire.
Mais cette illusion est trahie par le fait que le coléoptère ne s’en prend pas à d’autres insectes puisqu’il se nourrit de végétaux.
Le chercheur indique toutefois que comme n’importe quel insecte ou bête, le longicorne noir peut se sentir en danger et attaquer avec ses mandibules, qui en sont des « assez bonnes ».
« Ce sont quand même de gros insectes qui peuvent causer des lésions, mais rien de trop grave s’ils mordent », explique l’entomologiste ajoutant que son grand nombre n’a pas vraiment d’impact dans l’écosystème.
« En situation normale, c’est un insecte qui tue les arbres moribonds et qui contribue à assainir la forêt. Son impact est assez positif », note-t-il.
Non au shampoing
Selon M. Therrien, les longicornes noirs seraient un insecte avec lequel il faut apprendre à cohabiter, même s’ils se posent comme si de rien n’était sur vous.
« On les retrouve souvent près des humains, car ils sont attirés par certaines odeurs », révèle l’entomologiste faisant référence notamment à celles d’essences d’arbres affaiblis, et « de crèmes ou de shampoings assez odorants ».
« Ils sont aussi beaucoup attirés par les lumières de maison, donc on peut les fermer le soir pour ne pas qu’ils viennent sur le terrain », conseille-t-il. Les tas de bois sur le terrain sont aussi à proscrire si on ne veut pas recourir aux insecticides.
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