CHRONIQUE | « Québec veut sortir les villégiateurs de leur forêt »

Par Ernie Wells 3:00 PM - 28 juillet 2025
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Le président du RLTP, Arthur Fortin, n’entend pas croiser les bras et il prie les détenteurs de baux concernés, et les autres, à signer la lettre pré-écrite à leur député avant le 22 août. Photo courtoisie RLTP

Québec prévoit des hausses de loyer coupe-gorge aux chasseurs, pêcheurs et amateurs de plein air qui détiennent des baux de location dans une forêt publique qui leur appartiendra de moins en moins, et de plus en plus inaccessible avec les zones prioritaires d’aménagement du futur régime forestier.

« On veut nous sortir de la forêt qui nous appartient », rage le président du Regroupement des Locataires des Terres Publiques du Québec (RLTP), Arthur Fortin, sous le choc des hausses du loyer annuel des baux du ministère des Ressources Naturelles et des Forêts.

Le président Fortin est sonné. Dès 2026, la ministre du MRNF, Maïté Blanchette-Vézina, qui ne se fait pas d’amis chez les usagers et gestionnaires des zecs, pourvoiries, fédérations et associations de chasseurs et pêcheurs, avec son régime forestier, prévoit des prix minimums des loyers des terrains sous location avec une hausse de 46 % pour le bail minimum qui passera de 343 $ à 500 $ le 1er janvier 2026, affectant 17 000 des 33 000 détenteurs de baux de villégiature

Hausses de 46 % et de 52 %

« Et de 52 %; de 198 $ à 300 $, pour les 9 900 baux d’abris sommaires installés sur de petits terrains de 100 m2. L’Abitibi-Témiscamingue sera la plus touchée avec ses 6 500 baux d’abris sommaires », estime Arthur Fortin, qui qualifie ces hausses inacceptables et irréalistes. « Ces augmentations rentrent dans le corps des villégiateurs les moins fortunés, et des camps dont la valeur foncière est la plus faible ».

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte 26 % des 40 000 détenteurs de baux impactés par les nouvelles règles, l’Abitibi, 20 %, la Côte-Nord, 17 %, et la Mauricie, 13 %. Les quelque 30 % restant sont répartis dans les autres régions de la province.

Le projet du MRNF a été publié dans la Gazette officielle du 9 juillet, en période des vacances. C’est un journaliste qui a informé Arthur Fortin pour obtenir ses commentaires.  Le MRNF a ajouté l’insulte à l’injure; deux synonymes appropriés dans la situation, en retenant aucune des recommandations du RLTP lors de la consultation qui a pris fin le 11 avril. « Nous avons déposé un mémoire sur les modifications envisagées. Ce qu’on nous a présenté comme une consultation, n’aura été qu’un document d’information! »

De 397 $ à 1 213 $ 

Et les hausses des baux surviennent au moment où les valeurs de références des terrains sont révisées et les chalets réévalués. Les MRC ajouteront leur indexation annuelle. « Si un chalet est vendu en 2026, le loyer du bail augmentera de 23 % par rapport à 2025 s’il est supérieur au loyer minimum de 343 $. Les frais de transferts d’un chalet passeront de 397 $ à 1 213 $. Toute une claque », tonne Arthur Fortin. Environ 1 900 chalets changent de propriétaires par an.

Dès 2026, le MRNF et les MRC soutireront quelque 4 M$ par an des villégiateurs, une hausse de 20 % de leurs revenus annuels de location. « Pourquoi ce taux exorbitant et pour qui ces 4 M$ par année ? Pour la bureaucratie gouvernementale. On n’en sait rien ». De nombreuses MRC seraient contre ces hausses, craignant la furie de ses locataires.

Selon le RLTP, les hausses projetées vont affecter les portefeuilles des familles, des moins fortunés, et des propriétaires de camps dont la valeur foncière est la plus faible. Des propriétaires de chalets n’auront plus la richesse de leur avoir. Photo courtoisie RLTP

« Lettre à mon député »

Le RLTP va se battre mais il lui reste moins de 45 jours pour renverser les hausses projetées. Première démarche, les 40 000 détenteurs de baux concernés, et les autres par solidarité, touchés par ces augmentations, font parvenir une lettre à leur député provincial avant le 22 août.  « Suivez ce lien pour un exemplaire de la lettre à mon député. Les coordonnées des députés sont accessibles en suivant ce lien. Faut surtout pas attendre », implore Arthur Fortin.

Le président du RLTP souhaite l’appui de la Fédération Québécoise des Chasseurs et des Pêcheurs, dont la plupart des 145 000 membres ont des chalets ou et des abris en forêt publique comme sur les zecs. Il nous a été impossible de rejoindre le président, Marc Renaud.

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