Chronique de Réjean Porlier ǀ Aide-toi et le ciel t’aidera !
Inauguration officielle de la Coopérative de Gallix. Photo archives, MRC Sept-Rivières
J’ai toujours aimé cette maxime. Il y a ces gens qui se plaignent continuellement et attendent que la vie leur apporte le meilleur, sans se dire qu’ils ont peut-être un rôle à jouer pour influencer le cours des choses. Tout leur est dû… après tout, ils ont joué le système qu’on leur proposait : ils ont fait leurs études, trouvé un emploi, payé leurs impôts et se sont abonnés à une petite routine qui consiste à tirer le meilleur de la vie.
Ces gens sont généralement imperturbables, tout ce qui se passe à l’extérieur de leur bulle a peu d’impact sur eux, parce que d’autres en sont responsables. En fait, tout ce qui va mal, c’est la faute des autres. Ils payent, alors ils s’attendent à du service et lorsqu’on leur explique que le système n’est plus en mesure de répondre à leurs attentes, ils s’insurgent et proposent d’en changer les administrateurs.
Si le populisme n’a pas créé ce type de citoyen versé sur le jeter après usage, il l’a certainement conforté dans cette croyance que le système doit continuellement s’ajuster pour répondre à leur mode de vie. En fait, le populisme consiste à dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, sans jamais les confronter à la réalité, laquelle impliquerait de changer leurs habitudes réconfortantes et leur mode de vie.
Le populiste, par exemple, évitera d’aborder le réchauffement de la planète et de ses conséquences. Après tout, qui va se plaindre qu’il fait trop chaud sur la Côte-Nord, que tout à coup le homard est en abondance et que les beaux bélugas d’un blanc immaculé se déplacent de plus en plus à l’est pour agrémenter nos sorties en mer ? Le populiste a compris la valeur d’un discours populaire… et ça fonctionne à tout coup. Les gens préfèrent fermer les yeux, plutôt que de changer leur routine et ajuster leur comportement… ou même déménager !
Au cours des trois dernières années, j’ai eu la chance de côtoyer des gens qui ont adopté l’autre approche, celle qui consiste à se prendre en main pour changer le cours des choses. C’est ce qu’a fait la petite communauté de Gallix. Lorsque le seul dépanneur du village a fermé ses portes en 2017, il aurait été facile de verser dans le fatalisme.
Ne s’agit-il pas du sort auquel sont destinés tous les petits villages, alors que les magasins grande surface drainent toute la clientèle, quitte à parcourir de grandes distances ? La fatalité, c’est le prétexte à l’inaction le plus populaire dans une société ou le chacun pour soi gagne du terrain. Pourtant, la force du groupe a nombre de fois fait ses preuves. On a tendance à l’oublier, mais rien ne peut résister à une communauté décidée à se prendre en main.
Et c’est ce dont j’ai été témoin : les gens se sont assis ensemble, ont consulté leur population, ont défini le besoin, se sont assurés de l’appui de tout le monde et se sont mis au travail. En mai 2022 s’est formé le premier conseil d’administration d’une coop de solidarité. Sur fond de bénévolat, rencontre après rencontre, ont pris forme les premières esquisses d’un projet de coop d’alimentation et de station-service en plein cœur du village.
J’ai rarement assisté à un tel enthousiasme autour d’un projet et surtout à la mobilisation de toute une population qui, tout au long de l’aventure, a fait sentir son appui. Les embûches furent nombreuses, mais pour y répondre, une détermination à toute épreuve et des partenariats qui ont fait la différence.
La coop opère depuis le 16 janvier 2025. Elle a créé huit emplois, une équipe dédiée qui vous accueille avec le sourire et une fierté devenue contagieuse au village, celle de s’être pris en main. Ce qu’il faut retenir de cette petite histoire, c’est que l’isolement est le terreau de la renonciation, alors que le bénévolat et l’action communautaire sont l’oxygène de nos villes et villages. On peut attendre toute notre vie, ou choisir de faire une différence dans notre milieu.
Dans ce village qu’est Gallix, se trouvent des gens généreux et accueillants. Des gens qui, si on se donne la peine de les connaître, deviennent des amis. Un milieu naturel exceptionnel, une petite école et désormais une coop qui fait office de magasin général, que demander de plus !
Bien au-delà de l’accès aux biens de première nécessité, la coop est devenue un lieu de rencontre où il est possible de mettre en valeur nos produits locaux. Elle a des allures de catalyseur du développement socioéconomique et s’inscrit parfaitement dans une stratégie d’attraction et de rétention des travailleurs et leur famille, un sujet d’actualité. Passez donc nous voir et prendre un café !
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