Le présumé meurtrier de Robert Pickton avait prémédité son geste, entend prouver la Couronne
La procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans le dossier du meurtre de Robert Pickton, Mélissa Hogan, à la sortie de la comparution de l'accusé Martin Charest, jeudi. Photo Emy-Jane Déry
Très peu visible derrière les gros barreaux turquoises d’une cellule de l’unité de détention de Saint-Anne-des-Plaines, Martin Charest a comparu par visioconférence, jeudi, au palais de justice de Sept-Îles, pour répondre à une accusation de meurtre au premier degré du tueur en série Robert Pickton.
Selon nos informations, Martin Charest était un détenu très froid, difficile à contrôler et dangereux. Il aurait accumulé les sentences durant son incarcération pour des vols et violences armées. L’homme de 52 ans était, comme sa présumée victime, détenu au pénitencier de Port-Cartier au moment des faits reprochés, le 19 mai 2024.
Pickton a été agressé alors que des médicaments étaient distribués dans la salle commune, indique le rapport de l’observateur indépendant du comité d’enquête sur les événements, publié début juillet.
Bien « qu’essentiellement complétée », aux dires de la Couronne, la preuve au dossier n’a pas été déposée en Cour, jeudi. Il manque notamment un rapport final.
La procédure a aussi été interrompue par une défaillance technologique, lorsque le système de visioconférence reliant le palais de justice de Sept-Îles a cessé de diffuser. L’avocate de Martin Charest, Me Sonia Bogdaniec, a dû terminer la procédure sur son cellulaire depuis sa voiture.
L’affaire a été reportée au 2 septembre.
La Couronne entend démontrer que l’agression était préméditée.
« La différence entre le meurtre au second et au premier, c’est le caractère délibéré et la préméditation. Donc forcément, si monsieur a été accusé de ça, c’est qu’on a jugé qu’on était en mesure de prouver ces éléments-là », a commenté la procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) au dossier, Mélissa Hogan.
Accusation tardive
Il s’est écoulé plus d’un an entre le décès de Robert Pickton et le dépôt d’une accusation envers son présumé meurtrier.
« Les enquêtes criminelles, c’est un processus qui est souvent long. On laisse aux corps policiers le temps de faire leur enquête », a expliqué Me Hogan. « Compte tenu aussi du fait que c’est quelque chose qui est très sérieux de porter des accusations criminelles, à plus forte raison des accusations en matière de crime contre la personne, ici on parle de meurtre, on doit décider premier ou second degré (…) on souhaitait attendre d’avoir toute la preuve avant de prendre une décision et c’est ce qui a été fait », a-t-elle poursuivi.
Pickton est décédé à l’hôpital le 31 mai 2024, 12 jours après avoir été agressé, mais aucune accusation n’avait été portée à l’époque. Il avait 74 ans.
Robert Pickton a été reconnu coupable en 2007 de six chefs d’accusation de meurtre au deuxième degré, mais il était soupçonné d’avoir tué des dizaines d’autres femmes dans sa porcherie de Port Coquitlam, en Colombie-Britannique.
– Avec les informations de la Presse Canadienne
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