Incapable d’avoir un prix adéquat, la Côte-Nord n’aura pas son pavillon-relais

Par Vincent Rioux-Berrouard 5:00 AM - 23 juillet 2025
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Le pavillon-relais devait être situé à proximité de la rue de la Source, à Rivière-au-Tonnerre.   Photo Lucas Sanniti

Après des années d’attente, le projet de pavillon-relais à Rivière-au-Tonnerre ne sera finalement pas réalisé, en raison des coûts trop élevés.

Un appel d’offres a été effectué du 7 mai au 13 juin 2025. Il s’agissait de la deuxième fois que le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) menait cet exercice. Deux soumissions ont été reçues, dont une seule était admissible et conforme.

« Toutefois, après analyse, les prix soumis étaient supérieurs aux estimations du Ministère. Le Ministère s’est donc prévalu de la clause indiquée dans l’avis d’appel d’offres, selon laquelle il ne s’engage à accepter aucune des soumissions reçues », explique Marie-Ève Hébert, conseillère en communication pour le MTMD. 

C’est depuis 2022 que le MTMD travaille pour implanter un bloc sanitaire dans ce village de la Minganie. Initialement, le projet devait être des toilettes autonettoyantes, mais cette option a été abandonnée. Le ministère s’était alors tourné vers la solution d’un pavillon-relais. Le bâtiment devait comprendre deux toilettes, une fontaine, une borne de réparation pour les vélos et une prise de recharge pour les vélos électriques.

Le ministère n’a pas l’intention de lancer un troisième appel d’offres pour un pavillon-relais à Rivière-au-Tonnerre. Une nouvelle solution est envisagée.

« Le Ministère étudie actuellement un mode de collaboration avec la municipalité, pour l’implantation de services sanitaires aux usagers de la route sur le territoire de ce village-relais », indique Mme Hébert du MTMD.

Écart de prix

Rivière-au-Tonnerre n’est pas la seule municipalité qui était visée pour l’implantation d’un pavillon-relais. Il y a aussi La Doré au Saguenay-Lac-Saint-Jean et La Guadeloupe dans la région de Chaudière-Appalaches. Mais contrairement à Rivière-au-Tonnerre, les deux villages obtiendront un pavillon-relais. Le ministère a conclu des contrats pour la réalisation des travaux dans les deux villages. 

On constate un écart de prix important dans les soumissions reçues pour les différents villages.

Pour La Guadeloupe, le contrat a été conclu pour une somme de 463 000 $ et de 398 509 $ pour La Doré. Pour ce qui est de Rivière-au-Tonnerre, les trois soumissions reçues lors des deux appels d’offres étaient toutes au-dessus d’un million $.

Pour expliquer de telles différences dans les prix pour des projets similaires, le contexte régional peut être mis en cause.

« Le projet qui est sorti a plus d’un million de dollars est sur la Côte-Nord. C’est considéré comme une région éloignée comparée aux deux autres. Ça a des impacts quand même importants », dit Stéphane Quesnel-Nault, président de l’Association des estimateurs et des économistes de la construction du Québec (AEÉCQ).

Le coût des matériaux peut être plus élevé, en raison des frais de transport. La main-d’œuvre est aussi un enjeu potentiel.

Au niveau technique, M. Quesnel-Nault rappelle que chaque chantier a ses spécificités, ce qui peut faire varier les coûts. 

Le marché peut aussi avoir un effet. Pour le projet de pavillon-relais de Rivière-au-Tonnerre, il n’y avait que deux soumissionnaires, tandis que pour les autres projets, il y avait quatre ou cinq soumissions.

Le fait qu’il y a si peu de soumissionnaires pour le projet de Rivière-au-Tonnerre indique peut-être que le carnet de commandes des entrepreneurs du secteur est plein, ce qui fait que le marché est moins compétitif, indique Stéphane Quesnel-Nault.

« C’est une question d’offre et de demande », dit-il.

À savoir si les coûts de construction sont plus élevés en régions éloignées, comme la Côte-Nord, il ne faut pas sauter aux conclusions trop rapidement, selon le président de l’AEÉCQ.

« Il y a des différences oui, mais le modèle n’est pas aussi simple. Il y a des facteurs reliés aux régions, au contexte technique et au marché. Juste pour deux projets similaires dans une même région, le marché peut être différent d’une année à l’autre. Dépendamment du moment, il peut y avoir des conditions qui sont favorables ou défavorables pour les coûts », dit M. Quesnel-Nault.

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