Une conseillère d’ITUM défend le caribou et la rivière Moisie à l’ONU

Par Alice Young 12:51 PM - 15 juillet 2025
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Mélodie Jourdain-Michel est conseillère au conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam. Vidéodiffusion de l’ONU.

Mélodie Jourdain-Michel a pris parole pour la protection du caribou comme symbole de la souveraineté alimentaire innue au Palais des Nations à Genève.

« Le caribou n’est pas une simple ressource, il est sacré. Il incarne notre identité, notre spiritualité, notre culture et notre économie traditionnelle », a-t-elle déclaré le 15 juillet.

La nouvelle et plus jeune conseillère de Uashat mak Mani-utenam fait partie de la délégation de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador qui participe à la 18e session du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones à l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette mission diplomatique vise à promouvoir l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).

Selon Mélodie Jourdain-Michel, le Québec « brise le lien sacré qui unit les Innus au territoire » en faisant le « strict minimum » pour protéger la survie du caribou. La stratégie de protection du caribou est attendue du gouvernement du Québec depuis 2019.

La politicienne a aussi raconté leur récente mission de revendication territoriale sur le Camp de pêche de la rivière Moisie.

« Planter notre drapeau sur ce territoire, c’était réaffirmer notre droit de circuler librement et de pêcher le saumon, une autre espèce au cœur de notre alimentation », a-t-elle livré à ce sujet.

Le chef de Uashat mak Mani-utenam, Jonathan Shetush St-Onge, s’est rendu en juin dernier sur la pourvoirie privée avec une dizaine de bateaux pour réclamer leurs droits ancestraux de pêche et de propriété sur ce secteur de la rivière Moisie. Une vidéo montrant l’interaction entre Jonathan St-Onge et un employé du club de pêche a énormément circulé sur les réseaux sociaux. 

La conseillère Mélodie Jourdain-Michel. Photo Julien Choquette

« Nous demandons […] que la destruction d’espèces sacrées soit considérée comme une atteinte à notre sécurité, des mesures urgentes pour restaurer les populations animales menacées », a affirmé Mélodie Jourdain-Michel. Elle a également réclamé les données environnementales du Nitassinan, le territoire ancestral innu qui se trouve de le Côte-Nord au Labrador.

« Défendre Atiku [caribou] et la Mishta-shipu [rivière Moisie], c’est défendre notre droit de vivre », a-t-elle conclu.

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) a été adoptée par le Canada en 2016, tandis qu’à l’échelle provinciale, seulement ses « principes » ont été adoptés dans une motion en 2019.

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