Québec achète des avions médicaux d’urgence pour répondre aux besoins grandissants

Un pilote s'approche d'un hélicoptère du service d'ambulance aérienne ORNGE à sa base de Toronto, le mardi 13 décembre 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Chris Young
Québec fait l’acquisition de nouveaux avions qui serviront de transport aérien d’urgence pour répondre à la hausse des besoins médicaux nécessitant une ambulance aérienne. Le Service aérien gouvernemental dispose pour le moment de seulement quatre avions d’urgence qui sont souvent tous utilisés en même temps.
Le gouvernement a acheté l’été dernier un nouvel avion Challenger 650 d’occasion auprès de Bombardier, mais la mise en service est seulement prévue pour l’été 2026. L’appareil doit d’abord être médicalisé et une rampe de transbordement doit être installée pour les patients.
Un autre contrat a aussi été signé en décembre avec Bombardier pour se procurer deux avions du même type. Leur livraison est prévue en mai 2027, mais des travaux pour les adapter aux besoins médicaux devront être effectués après l’acquisition.
Au cours des cinq dernières années, il y a eu une augmentation d’environ 38 % du nombre de transferts aériens d’urgence, avaient souligné l’été dernier des coroners. À la suite de deux décès dans des circonstances non idéales de transport d’ambulance aérienne, Me Julie-Kim Godin et Me Francine Danais avaient indiqué dans leur rapport qu’il était «évident» que la flotte aérienne devait augmenter. Elles recommandaient de la bonifier dans les meilleurs délais pour permettre un transfert aérien d’urgence plus rapide des patients et d’accélérer le remplacement des appareils désuets.
Le ministère des Transports a par ailleurs précisé qu’il analysait présentement le remplacement des avions Dash-8 ayant pour mission principale de faire le service de transport sanitaire programmé, c’est-à-dire le transport de patients dont l’état a préalablement été stabilisé vers les centres désignés pour recevoir des soins ou des examens. Environ 5000 usagers bénéficient de ce service annuellement au Québec.
Des formations ont aussi été réalisées par le personnel médical du programme Évacuations aéromédicales du Québec le printemps dernier avec les appareils des transporteurs du contrat de relève du ministère. «Ces formations seront dorénavant effectuées annuellement pour chaque modèle d’avion des transporteurs prévus au contrat de relève afin que les équipes médicales puissent se familiariser avec leurs aménagements et effectuer des exercices», indique le ministère dans un courriel.
Une centrale d’appels verra le jour
Dans leur rapport, les coroners avaient aussi demandé au gouvernement du Québec de se doter d’une centrale d’appels dans un délai de six mois. «Je vais insister pour que cela soit mis en place rapidement afin de permettre aux médecins soignants de se concentrer sur leur patient plutôt que de faire des démarches que je qualifierais d’administratives», avait indiqué Me Danais.
La centrale n’a pas encore été mise sur pied, mais Santé Québec y travaille, a assuré le ministère de la Santé par courriel. «Les travaux évoluent positivement», a-t-il écrit. La livraison de ce projet est prévue pour 2025-2026.
«Les cliniciens seront encouragés à contacter cette centrale dès les premiers signes de gestion d’un patient instable, ce qui aurait pu faire une énorme différence dans la situation décrite dans le rapport», explique le ministère de la Santé.
Sur cinq ans, le gouvernement prévoit d’investir 7,42 millions $ pour la future centrale d’appels destinée au transport aérien médical ainsi que sa coordination. Le CHU de Québec a été mandaté pour le faire avec la collaboration du Programme d’évacuations aéromédicales du Québec (EVAQ).
La centrale d’appels traitera en priorité les transferts entre les régions, mais elle offrira aussi un support aux transferts intrarégionaux. «Nous sommes convaincus que ce service apportera une amélioration notable dans la gestion des patients instables», mentionne le ministère.
Dans le Plan d’action gouvernemental du système préhospitalier d’urgence 2023-2028, on précise qu’en plus de standardiser toutes les demandes de transferts médicaux aériens, la centrale pourra aussi servir éventuellement au volet héliporté du projet. Le Québec demeure la seule province canadienne sans transport médical par hélicoptère.
Le gouvernement a alloué une enveloppe de 125 millions $ sur cinq ans pour développer un service de transport médical héliporté. Il s’est donné jusqu’en 2028 pour réaliser ce projet.
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