Procès d’ArcelorMittal | L’argent a primé sur la sécurité, plaide la Couronne

Par Vincent Rioux-Berrouard 1:13 PM - 7 janvier 2025
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Me Claude Girard a amorcé sa plaidoirie le lundi 6 janvier au palais de justice de Sept-Îles. Photo Vincent Rioux-Berrouard

Dans le procès d’ArcelorMittal pour négligence criminelle, la Couronne affirme que la minière n’a pas pris tous les moyens nécessaires pour régler le problème sur une machine industrielle qui a causé un accident blessant gravement un travailleur.

Dans sa plaidoirie qui a commencé lundi, Me Claude Girard a mis de l’avant la décision de la minière de continuer de faire fonctionner un convoyeur qui n’était pas en « bon état ».

Un travailleur, Jason Lemieux, a été blessé dans un accident de travail le 7 juin 2019, au complexe du Mont-Wright, à Fermont.

Dans une rencontre tenue le 6 juin, quelques heures avant les événements fatidiques, il a été décidé par la minière de continuer d’utiliser la machine problématique jusqu’à un arrêt, qui était prévu le 11 juin. C’est la solution qui va coûter le moins cher qui a été retenu, selon Me Girard. Ce qui a prédominé, c’est le risque de perte économique et non la sécurité des travailleurs, dit-il. Cette décision n’était pas accompagnée d’une analyse de risques, poursuit-il.

« Jamais on n’a considéré la sécurité des travailleurs. Ça, c’était le devoir d’ArcelorMittal », a-t-il plaidé à la juge, Vicky Lapierre. « La sécurité de Jason Lemieux, c’est la dernière chose qui a primé », a-t-il dit, lors de sa plaidoirie qui se poursuivait mardi.

L’avocat a longtemps plaidé que le convoyeur fautif présentait des défauts qui n’ont pas été corrigés. Au total, 34 documents qui font mention de problématiques avec l’appareil ont été déposés en preuve.

Il a rappelé les témoignages de plusieurs témoins ayant entendu des claquements très bruyants provenant du garde chaîne. Un témoin avait même comparé le bruit de la machine à une décharge d’arme à feu.

« C’est un symptôme qu’il y a un problème », dit-il.

L’appareil où est survenu l’accident en juin 2019. Photo courtoisie.

L’avocat a également mis de l’avant que c’était la responsabilité de la minière d’offrir un milieu sécuritaire et qu’elle avait les moyens de régler le problème du convoyeur.

Le procès d’ArcelorMittal a repris au palais de justice de Sept-Îles le 6 janvier. À partir du jeudi 9 janvier, c’est Me Michel Massicotte, avocat représentant ArcelorMittal, qui effectuera sa plaidoirie. Le procès a commencé en janvier 2024.

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