Une résidence de création à Moisie

Par Lucas Sanniti 3:45 PM - 25 octobre 2024
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Johanne Roussy (au centre) animant un atelier de « pliage de carton ». Pallina Michelot, médiatrice chez Exeko (à droite), participant à l'activité.

Une résidence de création s’est tenue à Moisie pour aider les membres de la communauté de Uashat mak Mani-utenam à s’exprimer par l’art et à lutter contre l’isolement.

Kelly-Arianne Simon, l’une des participantes, s’est permis de chanter devant ses comparses, malgré ses hésitations. Une petite victoire qui lui a fait du grand bien. 

« Au début j’étais stressée, mais là je me suis lancée et j’étais capable. […] Ça me fait sortir de chez moi, aussi. Et puis je rencontre des gens, j’aime beaucoup ça. » 

La résidence artistique est organisée par Exeko, un organisme à but non lucratif de Montréal, qui utilise l’art et la philosophie pour inspirer la créativité chez des personnes marginalisées. L’événement a eu lieu dans l’ancienne église de Moisie, du 21 au 25 octobre.

De la danse, du chant, de l’improvisation, de l’écriture et une panoplie d’autres activités culturelles étaient au programme pour les participants.

Pour Marion Obonsawin-Simond, coordinatrice de projets au sein du pôle dédié aux Premières Nations et aux Inuits chez Exeko, toutes ces pratiques créent un environnement propice à l’évasion de sa zone de confort.

« Quelque chose sur quoi on essaie de travailler, c’est la gêne, les facteurs qui font qu’on manque de motivation », partage-t-elle. « Sortir de l’isolement aussi, faire des choses que l’on n’ose pas faire seuls ou que l’on ne fait simplement pas, parce qu’on est parfois trop dans notre petite bulle. »

Un lieu de recueil 

Christine Chevalier-Caron, responsable des laboratoires de recherche chez Exeko, souligne que les ressources de recueillement pour les jeunes adultes ne sont pas aussi communes que celles pour les adolescents.

« Il y a un creux pour les vingtenaires et trentenaires et pourtant, c’est le moment où, souvent, tu finis l’école. Donc tu n’as plus ces lieux de sociabilité », raisonne-t-elle.

Pour Samuel St-Onge, artiste de Maliotenam et collaborateur avec Exeko, cette initiative est une manière de pallier ce manque.

« Je trouve que c’est quelque chose qui permet de grandir », partage-t-il. « C’est comme un lieu qui manque, une troisième place […] Tu as ta job, tu as ton chez-soi et tu as une autre place, où tout le monde se rejoint. »

Des artistes invités

La résidence a accueilli des artistes de la communauté, dont l’ainée et traductrice Noëlla Mckenzie, ainsi que le groupe de hip-hop, Native Mafia Family (NMF), pour venir échanger sur leur parcours.

L’artiste et créatrice de l’Atelier de la 8e île, Johanne Roussy, a aussi une participation active dans le projet. Elle offre des ateliers artistiques pour les participants et veille à ce que le groupe ne manque de rien. Elle assure un approvisionnement régulier en bois de chauffage.

L’équipe d’Exeko espère pouvoir offrir ce service de façon permanente pour les artistes de la communauté.

« Le rêve, ce serait que ça existe à l’année longue », exprime Marion Obonsawin-Simond. « Si dans quelques années, à force de le faire, il peut y avoir un lieu permanent avec du financement qui fonctionne, ce sera tant mieux », renchérit Christine Chevalier-Caron.

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