Indéfendable | Un retour parfait à la télé pour le Septilien
Mario Saint-Amand, dans son rôle de Jean-Claude Marquis dans Indéfendable. Photo Pixcom
Il y a Mario Saint-Amand l’acteur qui renoue avec sa carrière avec un rôle pivot dans Indéfendable. Mais il y a aussi le spécialiste en intervention psychosociale et celui qui a retrouvé son fief natal il y a trois ans.
Après six ans d’absence de la télé, le natif de Sept-Îles a reçu, il y a quelques mois, l’appel d’Izabel Chevrier, l’autrice principale d’Indéfendable, série diffusée à TVA.
Mario Saint-Amand entrera en scène dans l’épisode de mardi (22 octobre).
Il campe le personnage d’un ébéniste, Jean-Claude Marquis, aux prises avec une dépendance à l’alcool, pour lequel il veut remédier. Tout découle d’un événement traumatique avec son ex-beau-frère, joué par Fabien Dupuis. Mario Saint-Amand et Fabien Dupuis ont fait partie des distributions de Watatatow et Un Même Sang.
« Un événement traumatisant va créer chez Jean-Claude une reviviscence, c’est-à-dire que les secondes scènes entrent en résonance associative avec la première qu’il aura vécue », raconte l’acteur.
Lors de l’entrevue avec Le Journal, l’homme de 56 ans a dit ressentir un « beau trac » à quelques heures de la diffusion du premier épisode dans lequel il se retrouve.
Il en fera onze au total. « C’est un rôle pivot de la série », dit-il.
Cet appel pour un retour au petit écran est arrivé à un bon moment.
« Le timing était extraordinaire. Je viens de terminer l’université (printemps 2023). Ça fait un an que je travaille comme spécialiste en intervention psychosociale », raconte-t-il.
Mario Saint-Amand a le sentiment que chaque chose arrive en son temps et sous la forme qui nous convient.
Il n’aurait pas eu le temps avec l’université. C’est d’ailleurs à Sept-Îles qu’il a mis la boucle à ses études. Il y est revenu à l’automne 2021.
M. Saint-Amand laisse entendre qu’il n’a jamais délaissé sa carrière de comédien et d’acteur. Ce n’est que cet univers ne lui convenait plus. « Heureusement, je l’ai retrouvé. »
Ce qui l’attire dans ce métier, c’est la force de création, ce qu’il avait aimé en 1992 dans L’amour c’est pas assez de Janette Bertrand. « Tout le monde se parlait ! »
C’est ce qu’il a ressenti sur le plateau d’Indéfendable, « que tous les départements travaillent ensemble pour la réalisation du projet. »
« Ça part du dialogue jusqu’à la tape dans le dos en passant par les éclats de rire. Ça, c’est créatif. Ça me confirme que ça existe toujours ! »
Ce n’est que quelques jours avant l’appel d’Izabel Chevrier que Mario Saint-Amand s’est mis à écouter cette série. C’est sa mère qui lui a fait connaître.
Et il y a aussi une certaine ironie à travers tout ça. Quand le natif de Sept-Îles souhaitait devenir acteur, son père voulait qu’il soit avocat.
Quand Mario Saint-Amand a décidé de retourner à l’université en 2018, c’est la faculté de droit qui était son premier désir, mais il n’a pas été accepté.
Il s’est tourné vers les études autochtones, et par la suite en travail social, dans le but de revenir sur la Côte-Nord, « afin de mieux comprendre d’où ils viennent et où ils veulent aller ».
Ce besoin de revenir vivre ici, à Sept-Îles, « c’est pour aider les gens, allochtones et autochtones, face aux problèmes de consommation », de dire celui qui a cessé de consommer en 2007, « pour me mettre en premier ».
Vision de la violence
Mario Saint-Amand s’est aussi avancé sur les conflits qui frappent. Ils ne sont pas de gang selon lui. « Le conflit, c’est à l’intérieur de la personne. C’est trop facile jeter la pierre sur le dos de l’autre. Il faut attaquer de front cette problématique », mentionne-t-il.
Il a dû se retrouver dans les bas-fonds pour savoir qu’il avait besoin d’aide et il a été la chercher, pour parler de sa propre situation.
« C’est un travail de chaque jour. Ces comportements ne datent pas d’hier. Il y a des blessures qui détruisent longtemps. Il faut apprendre à mieux lacer ses lacets. C’est un cheminement spirituel », souligne-t-il, sans que ce soit religieux.
Au-delà de son travail de spécialiste en intervention psychosociale, de son retour à la télé, Mario Saint-Amand a consacré beaucoup de temps à la maison, de 60 ans, qu’il a acquis sur le bord de la rivière Moisie.
« C’est beaucoup de travail, comme si je bâtissais une maison neuve. Depuis août, je travaille sans relâche pour passer un hiver en sécurité », dit-il, ce qui sera le cas.
Sa faculté de rénover une maison lui vient de son père qui s’est déjà retrouvé à la tête d’une compagnie de construction.
Ce projet l’émerveille. Ça lui procure ce besoin de voir le résultat concret pour quelque chose sur lequel il travaillait. « L’aboutissement du travail bien fait », exprime Mario Saint-Amand.
Il donne également du temps pour le Comptoir alimentaire de Sept-Îles. Il a d’ailleurs parlé avec sa directrice.
« Ça me touche qu’il y ait autant de gens dans le besoin ici à Sept-Îles, de familles qui ont besoin de ressources alimentaires. Ça me jette à terre », dit-il, ce pour quoi il a décidé de mettre l’épaule à la roue pour aider à nourrir adéquatement les enfants.
Il est heureux à Sept-Îles. Il se souvient d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps quand, à 8 ans, la famille allait quitté la région. Il aura tout de même pu passer un été loin de ses parents, de ses quatre frères et de sa sœur, avant d’aller les rejoindre.
Depuis son retour dans son fief natal, son port d’attache, le téléphone continue de sonner pour la carrière télé de Mario Saint-Amand. Il a d’ailleurs des tournages pour des spéciaux prévus en novembre.
« La route ne m’a jamais fait peur. Il y a toujours un moyen pour trouver un endroit où crécher à Montréal. »
Il assure avoir encore une belle et longue carrière devant lui.
« L’université m’a apporté énormément d’outils pour travailler mes personnages intensément et offrir une introspection aux spectateurs, pour qu’ils se questionnent à savoir où ils sont. C’est à moi de faire grandir émotionnellement les personnages. Les gens s’attachent à des personnages par rapport à la souffrance qui les envahit. »
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