Québec ne négocie pas sérieusement le traité Petapan

Par Jacob Buisson 3:28 PM - 9 juillet 2024 Initiative de journalisme local
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Photo Courtoisie

Gilbert Dominique, Chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh et Nicolas Wapistan, conseiller aux négociations pour la Première Nation des Innus de Nutashkuan.

Dans une impasse de débats avec le gouvernement du Québec, « on est dans une négociation d’arène de boxe », soutient le Chef de Mashteuiatsh en visite aux Nations Unies.

Le Chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, Gilbert Dominique, assure qu’il y a actuellement des échanges, mais que l’attitude du gouvernement n’a pas permis de respecter l’échéance de finalisation du 30 juin.

Selon le Chef, le gouvernement provincial essaie, entre autres, de minimiser la portée de l’innu-aitun, les connaissances innues traditionnelles. Il assure que des compromis ont été faits de chaque côté, mais que certains points sont névralgiques et doivent être conservés intégralement. 

La dernière partie des négociations, qui est actuellement étudiée, porte sur les aspects économiques du traité. M. Dominique demande au gouvernement provincial de se rassoir sérieusement à la table de négociations pour finaliser le traité. “ Les agissements du gouvernement du Québec dans le cadre de la négociation du Traité Petapan sont contraires à la négociation de bonne foi et à la préservation de l’honneur de la Couronne, des principes reconnus par le droit canadien ”, a déclaré le Chef des Pekuakamiulnuatsh.

 Le Chef Dominique et Nicolas Wapistan, le coordonnateur aux négociations pour la Première Nation des Innus de Nutashkuan, sont à Genève pour parler au Mécanisme d’experts des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones du non-respect présenté par le gouvernement du Québec. “ Nous le faisons pour soulever un enjeu qui pourrait concerner plusieurs autres Nations qui se trouvent dans des États constitués en fédération [comme le Canada] ”, souligne M. Dominique. 

 Pour M. Wapistan, il est primordial de poser la question : “Comment peut-on amener le gouvernement d’une province, le Québec dans notre cas, à respecter la Déclaration”? Car, soutient-il, son “application aura des conséquences directes sur notre droit à l’autodétermination et, de ce fait, sur la façon dont on pourra développer l’avenir de nos communautés”.

Ils espèrent que le gouvernement fédéral pourra influencer celui du Québec pour la mise en place d’un traité qui respecte la Déclaration.

 Le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones découle du Conseil des droits de l’homme. Composé de sept membres experts des droits des peuples autochtones, il fournit au Conseil des droits de l’homme des conseils techniques sur ces droits. Il aide également les États membres à remplir les objectifs fixés par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

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