Photo d’archives du mois | Des maisons qui glissent et qui flottent

Par Équipe - Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Sept-Îles 8:30 AM - 30 juin 2024
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Ces photographies ne montrent pas de maison flottante, mais on y voit l’étape où l’on fait glisser le bâtiment sur des billots de bois. Les photos ont été prises lors du déménagement de la maison de Ronald Lawless à Blanc-Sablon, en 1950. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Groupe d’action et de développement économique et culturel de la Basse-Côte-Nord (P12, S2, P42 et P44). Photographe non identifié

Avez-vous déjà vu une chaloupe remorquer une maison flottant tranquillement sur l’eau? Probablement pas. Pourtant, au siècle dernier, c’est de cette façon qu’ont été déménagées plusieurs habitations sur la Côte-Nord, notamment en Basse-Côte-Nord. Évidemment, avant de déraciner sa maison et de la lancer à la mer, il fallait effectuer des travaux de préparation.

La première étape consistait à mettre le bâtiment en état de flottaison. Une fois la maison vidée de ses meubles, de valeureux volontaires roulaient de 20 à 30 barils bien scellés à l’intérieur de la maison. Les barils, cordés côte à côte, étaient immobilisés au plancher à l’aide de planches ou de perches de bois. 

Après avoir haussé l’habitation à l’aide d’un outil de levage, on glissait de longs billots de bois sous la maison. Il est à noter que ces billots étaient préalablement enduits d’une bouillie de foie de morue, qui rendait le bois glissant. Il ne restait plus qu’à attendre le lendemain et, surtout, la marée haute, en espérant une température clémente. 

La maison, reposant sur son lit de bois, était alors prête à être poussée par les volontaires. En faisant levier avec des perches de bois ou tout simplement en le tirant, on faisait glisser le bâtiment sur le chemin de billots jusqu’au rivage. On l’attachait ensuite avec une corde à une chaloupe à moteur qui allait le remorquer, la maison flottant au gré des flots de la marée haute. La chaloupe remorqueuse ne tirait pas seule : elle était entourée d’autres embarcations, une de chaque côté et une en avant. 

Ce type de déménagement, un spectacle pour le moins inusité, a été filmé par le cinéaste Pierre Perrault en 1960 sur la Basse-Côte-Nord, pour son court métrage documentaire Tête-à-la-Baleine, réalisé conjointement avec René Bonnière. Le film est disponible en ligne sur le site Web de l’Office national du film du Canada : https://www.onf.ca/film/tete-a-la-baleine.

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