Manque de main-d’œuvre : des entreprises refusent des contrats

Par Vincent Rioux-Berrouard 11:04 AM - 21 septembre 2023
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Photo courtoisie

Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Les pénuries de logements et de main-d’œuvre font sentir leurs effets sur les entreprises aux Québec et sur la Côte-Nord. Elles ont pour conséquence d’empêcher les entrepreneurs de faire croître leurs entreprises, selon le président du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn.

« À titre d’exemple, un employeur sur deux refuse de nouveaux contrats parce que malheureusement, ils n’ont pas la main-d’œuvre nécessaire pour les réaliser. Un employeur sur deux reporte ou annule des projets d’investissement, en raison du manque de travailleurs », affirme M. Blackburn pour illustrer les conséquences de la pénurie.

Ce dernier était de passage à Sept-Îles, mercredi, dans le cadre du Cercle économique régional des Premières Nations et du Québec à Uashat mak Mani-utenam.

La pénurie de main-d’œuvre risque encore d’être bien présente dans les prochaines années. Comme il le mentionne, il y a actuellement plus de travailleurs qui prennent leur retraite que de gens qui accèdent au marché du travail. 

Pour venir pourvoir ces postes, il faudra s’appuyer sur trois grands groupes. Il y a les étudiants qui accéderont au marché du travail, des gens éloignés de celui-ci comme les membres des Premières Nations et les gens vivant avec un handicap. Le dernier groupe est celui des travailleurs issus de l’immigration.

Pour régler la pénurie de main-d’œuvre, selon M. Blackburn, il faudra un ensemble de mesures qui porteront sur la formation, la reconnaissance des acquis et l’innovation, pour ne nommer que celles-ci.

Logements

Les entreprises doivent aussi composer avec la pénurie de logements. Plusieurs entrepreneurs doivent désormais consacrer une partie de leur temps à trouver des logements pour des employés, souligne M. Blackburn.

Il faut que les gouvernements en fassent davantage pour la construction de logements, notamment en aidant les entrepreneurs pour qu’ils puissent investir dans la construction de résidences ou de logements, selon lui. 

« Si on n’est pas capable de loger nos travailleurs, on ne sera pas capable de les faire venir, alors c’est un cercle qui ne se termine pas. Voilà pourquoi il faut que nos gouvernements mettent tout en œuvre pour accélérer la construction de logements », estime Karl Blackburn.

Relations avec les communautés autochtones

Il était important pour le président du Conseil du patronat du Québec d’être présent à Uashat, pour assister au Cercle économique régional des Premières Nations et du Québec.

« J’ai pris l’engagement pour les employeurs du Québec d’être près des communautés autochtones et de trouver des pistes de solution, pour améliorer les relations d’affaires entre autochtone et allochtones », dit-il.

Il souligne que de plus en plus d’entreprises souhaitent établir des relations avec les communautés autochtones.

Il ajoute que les membres des Premières Nations peuvent et doivent jouer un rôle important pour solutionner cette problématique.

M. Blackburn a aussi profité de son passage dans la région pour aller à la rencontre d’employeurs locaux et a visité le Port de Sept-Îles. Il est essentiel pour lui d’aller rencontrer les entrepreneurs dans les différentes régions du Québec, parce que les problématiques et les solutions ne sont pas toujours les mêmes. Ils encouragent d’ailleurs des mesures qui prennent en compte les réalités régionales.

« Ça ne prend pas des mesures mur-à-mur, mais des mesures sur mesure pour répondre aux besoins des différentes régions », conclut Karl Blackburn. 

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