Étienne Briand quitte les tatamis
Étienne Briand a remporté deux médailles en Grand Chelem lors de sa carrière, notamment le bronze lors de cet affrontement à Ekaterinburg, en 2017, face au Russe Murat Khabachirov.
Étienne Briand a décidé de passer à autre chose. Après près de 25 ans sur les tatamis, il est venu le temps pour lui d’accrocher son judogi. Au-delà du positif dans sa carrière de judoka, il y a un certain goût amer qui l’a conduit vers la fin.
« Ça fait un moment que je savais que j’allais arrêter », a fait savoir Étienne Briand, âgé de 30 ans. Sa dernière compétition remontait à février, à Paris.
Qualifié pour les Jeux panaméricains prévus en octobre, le Septilien d’origine avait l’intention d’y aller et de s’entraîner pour, mais il a été préféré à un autre judoka canadien. Il n’en fallait pas plus pour motiver sa décision de se retirer.
« J’avais déjà commencé à passer à autre chose. Je ne me suis pas acharné », a-t-il dit, en entrevue avec Le Nord-Côtier.
Parmi les bons côtés qu’il retient de sa carrière, il a mentionné ses années à l’Académie de judo de Sept-Îles « qui sont de bons souvenirs ». Sa dernière compétition à la maison, les Championnats canadiens en 2011, avait été couronnée d’une médaille de bronze.
Celui qui en est à sa quatrième de cinq années au doctorat en mathématiques note aussi s’être développé comme personne et s’être forgé une discipline, à travers beaucoup de sacrifices. « Le sport m’a appris beaucoup. »
Il garde en mémoire de belles performances sur les tatamis, même s’il en aurait voulu davantage. Il met d’ailleurs en lumière ses résultats entre 2017 et 2019, où il a notamment vaincu de grosses pointures, entraîné jusque-là par Michel Almeida.
Au Grand Chelem d’Ekaterinburg, en Russie, en 2019, le judoka septilien avait récolté le bronze, disposant en ronde repêchage du Russe Khasan Khalmurzaev, médaillé d’or aux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016, et du Belge Matthias Casse, cinq fois médaillé en Championnat du monde. « C’était une période où j’étais à mon meilleur. »
Il a aussi souligné les entraînements à l’étranger, particulièrement ceux au Japon, et les gens rencontrés.
Conditions moins optimales
Sur une tout autre note, Étienne Briand évoque que les conditions n’étaient plus optimales pour lui, qu’il ne sentait plus le support de Judo Canada, alors qu’il n’était plus breveté.
« Tout était compliqué pour m’investir. D’un autre côté, ça ne me tentait plus de faire ce qui était nécessaire. »
Il a également parlé d’une blessure au genou qui a changé la donne. « Ce n’est jamais revenu comme avant et je ne pouvais pas aller à fond. »
En fin de carrière, Étienne Briand n’affichait plus la même passion et il n’aimait pas l’atmosphère au centre national, ce qui a fait en sorte qu’il était normal pour lui de passer à autre chose.
Dans l’ombre
Sans pour autant dire qu’il a été dans l’ombre d’Antoine Valois-Fortier (médaillé de bronze aux Olympiques de 2012), qui combattait aussi chez les moins 81 kg, Étienne Briand partait avec un désavantage.
« Si je faisais moins bien, j’avais toujours une pression qui amenait des questions. Je devais toujours en faire plus. Antoine a eu une carrière exceptionnelle, il faisait partie du programme À nous le podium alors que moi j’étais toujours susceptible d’être coupé. C’est une dynamique qui me dérangeait. Au final, ce n’est pas moi qu’on voyait aller jusqu’au bout », a-t-il mentionné, même si certains croyaient en lui.
« J’espère un jour voir juste le positif », a-t-il laissé entendre.
Pour ce qui est de devenir entraîneur de judo, ce n’est pas dans ses plans.
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