Le maire de Port-Cartier fait volte-face dans le dossier de la plage Rochelois

Par Emy-Jane Déry 3:05 PM - 04 janvier 2023
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La plage Rochelois, au lendemain de la tempête du 23 décembre. Photo Steven C.

L’eau a monté comme jamais près des résidences de la rue Rochelois, le quai municipal n’est plus fonctionnel, un mur du Centre éducatif l’Abri est tombé…le maire de Port-Cartier n’a pas fermé l’œil, dans la nuit du 23 au 24 décembre.

« Je n’ai pas dormi de la nuit », lance Alain Thibault, maire de Port-Cartier. « Ma crainte était qu’il y ait un débordement côtier extrêmement important et que des vies soient en jeu, que des maisons sur Rochelois soient emportées. »

La saga de la plage Rochelois dure depuis des années. Ce joyau de la municipalité est menacé par l’érosion des berges, mais la population ne s’entend pas sur la solution. Or, depuis la tempête, il est minuit moins une dans ce dossier, estime le maire, qui va jusqu’à faire volte-face.   

Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme le maire qui n’a pas agi quand c’était le temps et que je sois responsable de la perte de vie, ou de biens des citoyens. Je ne veux pas jouer dans ce film-là.

« Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme le maire qui n’a pas agi quand c’était le temps et que je sois responsable de la perte de vie, ou de biens des citoyens. Je ne veux pas jouer dans ce film-là », martèle-t-il.

Pour empêcher l’érosion, il faudra charger la plage de granulaires grossiers. Des petites roches, en d’autres mots. C’est la solution proposée depuis le début par le ministère de la Sécurité publique, mais que jusqu’ici, les élus n’avaient pas appuyé.

« On ne peut pas attendre que la moitié de la rue Rochelois soit emportée par les vagues, on doit agir au plus vite », dit le maire.

Avec cette option, la belle plage de sable prendra des airs de « pit de gravelle », craignent plusieurs citoyens. C’est ce qui avait poussé le conseil à refuser le projet, à demander l’examen d’autres alternatives et à aller même jusqu’à faire annuler le BAPE.

Granulométrie variable, palplanches en acier, un brise-lame au large, murets de béton, enrochement…tout a été analysé par des firmes. Au final, ces solutions ne sont pas viables à long terme. C’est essentiellement pour cette raison que le gouvernement n’accepte pas de les financer.

Devant cette impasse, Alain Thibault adopte une attitude rationnelle : la population de 6 500 habitants n’a pas les moyens de payer seule un projet d’une quinzaine de millions de dollars.

« Je reviens sur ma position, et je crois que ce sera le cas de la majorité du conseil », dit M. Thibault. « Il faut protéger nos infrastructures, la vie et les biens des citoyens qui habitent dans ce coin-là. »

« On doit penser à l’ensemble de la collectivité », conclut-il.  

La plage Rochelois, au lendemain de la tempête du 23 décembre. Photo Steven C.

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