Un cri du cœur pour l’accessibilité aux soins

Par Marie-Eve Poulin 8:00 AM - 03 novembre 2022
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La directrice de la Fondation cancer du sein souhaite l’égalité à l’accessibilité aux soins partout au Québec. Photo Facebook

Un patient cancéreux en région devrait avoir accès à ses traitements plus facilement, dénonce la PDG de la Fondation Cancer du sein.

« On a un système de santé qui se dit universel, que tout le monde a accès aux mêmes soins, aux mêmes services, dans les mêmes délais mais ce n’est pas le cas », déclare la présidente, Karine-Iseult Ippersiel. Le problème d’accessibilité est présent à plusieurs endroits au Québec et la Côte-Nord en fait partie.

Elle déplore que des patients doivent se rendre à Chicoutimi, Rimouski, Québec ou Montréal pour recevoir certains soins. Ils doivent faire la route plus d’une fois et même rester plusieurs jours loin de leur domicile.

Le programme de dépistage du cancer du sein qui débute seulement à 49 ans est un problème, selon Mme Ippersiel.

Cela signifie que les femmes de 49 ans et moins, au Québec, qui détectent une anomalie lors de leur auto-examen, doivent attendre en moyenne de 3 à 17 semaines pour obtenir leur diagnostic. Le délai d’obtention d’un rendez-vous pour une mammographie de dépistage est de plus de 30 semaines à Sept-Îles. Le manque de ressources serait en grande partie responsable.

En 2021, il manquait 500 technologues en imageries médicale au Québec, rapporte la présidente de la Fondation. En septembre 2021, 150000 patients étaient en attente d’une imagerie (toutes problématiques confondues). Pour un patient, attendre un résultat est anxiogène et chaque jour semble être une éternité.

« Et si on attend trop, le résultat peut être pire que ce que ça aurait dû être », dit la présidente de la fondation. Elle aimerait que des balises claires soient mises en place avec le ministre de la Santé.

Des solutions

« Premièrement on a un problème de main-d’œuvre intense qu’il faut régler. À Sept-Îles, vous avez une infirmière pivot qui est excellente, mais elle est toute seule », déclare-t-elle.

Il faut aussi mettre des actions concrètes sur le terrain et s’adapter aux besoins de chaque région.

« Et ça, ça ne se fait pas dans un bureau au centre-ville, mais bien dans les régions avec les CISSS, les organismes communautaires, les infirmières, etc », explique-t-elle.

« Il faut décentraliser la gestion pour que les gens sur le terrain soient capables de dire « nous, c’est ça qu’il nous faut »», ajoute-t-elle.

« On constate, dans la tournée de nos régions, que les gens sont capables d’avoir des solutions créatives mais c’est souvent la machine qui bloque », dit-elle avec découragement. Elle aimerait que le gouvernement permette à d’autres de faire des tâches que seuls les médecins peuvent faire au Québec, pour permettre de meilleurs suivis.

Elle croit fortement que les patients devraient s’entraider. La présidente constate que bien souvent, les gens ne savent pas où aller pour trouver des informations et des ressources.

« La femme qui a vécu le cancer du sein peut accompagner une femme en processus de diagnostic. La pauvre infirmière pivot ne peut pas s’occuper de tout le monde en même temps », dit-elle.

Mme Ippersiel explique que de nombreux organismes communautaires et fondations sont capables de diriger les patients vers des services existants. Ils offrent parfois même de l’aide financière aux patients.

« Bref, je pense qu’il faut changer notre manière de penser et pouvoir sortir d’un cadre trop fixe. Il faut surtout arrêter de sortir des études une après l’autre puis ne jamais (les) appliquer », dit-elle avec conviction.

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