Ces lieux réputés pour faire les manchettes : non accidentogènes selon les critères du MTQ

Par Marie-Eve Poulin 8:30 AM - 20 octobre 2022
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Trop d’accidents et peu de changements.

Des nombreux endroits sur la 138 sont connus des citoyens comme étant propices aux accidents. Toutefois, le ministère du Transport (MTQ) ne juge pas ces lieux comme étant accidentogènes. N’en reste pas moins que « par hasard » des accidents liés au comportement humain ont lieux à répétition à ces endroits depuis fort longtemps.

« En tout temps, il demeure de la responsabilité des usagers de la route d’adapter leur conduite selon les conditions climatiques ou l’environnement qui les entoure », dit Sarah Gaudreault, conseillère en communication au MTQ.

Secteur rivière des Rapides

Patrick Gwilliam rapporte que l’endroit où ont eu lieu plusieurs accidents est au pont de la rivière des Rapides.

« C’est surtout avec des vélos. Des passés proches, des accidents, des accrochages… », précise-t-il.
Le directeur général explique que les travaux étaient en appel d’offres cette année pour refaire des voies cyclables et élargir le pont.

« Malheureusement, les prix sont rentrés beaucoup trop élevés pour le ministère du Transport donc ils ont annulé l’appel d’offres et vont recommencer l’année prochaine », précise-t-il.

Secteur Pointe Noire, Longue-Épée, ancien Ciné-Parc

Demandes refusées
En 2020, suite à un accident à l’intersection de la route 138 et du chemin de la Pointe Noire, une victime avait demandé aux élus de Sept-Îles d’intervenir auprès du ministère des Transports. Elle espérait l’installation de feux de circulation qui arrêterait systématiquement les véhicules.

Gervais Gagné, conseiller municipal à ce moment, avait proposé un carrefour giratoire qui a été refusé d’emblée parce qu’il s’agit d’un trois voies et non quatre. De son côté, le Maire qui était en fonction, Réjean Porlier, avait conclu la séance municipale sur ces mots « On n’attendra pas qu’il y ait un accident mortel pour agir ».

Le directeur général, Patrick Gwilliam, explique qu’à ce moment, des discussions portaient sur le prolongement de la voie d’accélération, car c’est cet endroit qui était jugé le plus problématique.

« Le MTQ a répondu que ce n’était pas possible. La longueur de la voie déjà en place était conforme à leurs normes et des contraintes techniques au niveau des sols considérés terrains humides ne permettaient pas de le faire », précise-t-il.

« Le comportement humain est le plus en cause dans ce secteur-là, donc pour le MTQ tout était conforme », ajoute-t-il.

Interventions
En janvier 2020, des brise-vent ont été installés dans la plaine de ce secteur afin d’améliorer la visibilité en hiver et diminuer les risques de formation de lames de neige sur la route. L’installation de caméras de circulation a aussi été faite.

Le marquage de l’intersection a toutefois été légèrement revu à la suite d’un accident.

M Gwilliam explique que dans la dernière année, la surveillance policière a été très augmentée et les agents ont émis un nombre impressionnant de constats. Cette stratégie semble avoir porté fruit sur le comportement de plusieurs conducteurs.

À un moment, la Sûreté du Québec a avisé M Gwilliam qu’en deux mois ils ont donné 130 constats d’infractions dans ce secteur.

Secteur SM 2, Clarke City

Des modifications ont été apportées au barrage au cours des dernières années. Des installations permettent d’éviter que la neige de la structure tombe sur la route et l’assise du barrage a été refaite., caméra de circulation et panneaux clignotants indiquant la visibilité restreinte.

« Depuis l’accident avec les jeunes filles de Port-Cartier en 1999, le MTQ a élargi les voies, aplani et arrangé la courbe qui avait deux angles différents », explique M Gwilliam.

Secteur « croche de la mort » km 1008

Demande refusée
Sarah Gaudreault responsable des communications au ministère des Transports du Québec (MTQ) explique qu’une demande provenant de la Ville de Sept-Îles concernant l’élargissement des voies de circulation entre la rue des Soudeurs et l’aéroport de Sept-Îles a été faite en 2019. Après analyse, des aspects mis en cause dans la demande, l’élargissement a été jugé non nécessaire. Ce secteur de 3 km dans le lequel se situe « le croche de la mort » (km 1008), n’est pas considéré accidentogène par le MTQ.

« La plupart des accidents dans ce coin-là n’est pas nécessairement la configuration c’est beaucoup plus le comportement », dit M Gwilliam.

Viaduc 138 EST

En 2010, Marc-André Roy est décédé à la suite d’une collision avec un semi-remorque. Il descendait le viaduc en direction EST et un camion est sorti de l’accès à la plage Monaghan. Cette sortie située tout juste en bas du viaduc ne permettait pas à monsieur Roy de freiner et son véhicule s’est alors retrouvé sous le semi-remorque.

« Dans ce cas-là c’était clair. Le rapport de police et du coroner ont mis en cause l’état de la route. C’est-à-dire que la voie d’accès était trop près du viaduc », rapporte-t-il.

« Il y a eu d’autres accidents à cet endroit donc l’accumulation a fait en sorte que le MTQ nous a interpellé parce qu’il s’agissait de notre route qui sortait sur la voie donc il a fallu faire d’urgence la sortie où elle se trouve présentement », ajoute M Gwilliam.

Le directeur général trouve toutefois que cette sortie se situe à une distance limite pour la courbe, mais le MTQ juge que c’est conforme.

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