Les abeilles nord-côtières sont plus résistantes

Par Colombe Jourdain 6:00 AM - 03 mai 2022
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Une abeille en pleine santé à la Ferme Ragnarüches. Photo courtoisie

La saison hivernale a été difficile pour les abeilles du Québec. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) parle de surmortalité hivernale, surtout dans le Centre-du Québec. L’un des responsables de cette hécatombe est le varroa, un acarien parasite qui semble faire moins de ravages sur la Côte-Nord.

Selon le MAPAQ, en 2020-2021, le taux de mortalité hivernale s’est élevé à 21 % au Québec. Pour l’année 2021-2022, l’enquête du MAPAQ est toujours en cours mais selon ce qui semble transparaître, on parle de taux de surmortalité qui peut aller jusqu’à 65 % dans certaines régions.

Les apiculteurs de la Côte-Nord semblent moins touchés par le varroa. Même si Marie-Pierre Fortier, d’Herbamiel à Sacré-Cœur, ne veut pas trop s’avancer avant les conclusions du MAPAQ, « à première vue, il semble y avoir plus de pertes que d’habitude. Normalement, ce n’est pas plus que 10 % ».

À la Ferme Ragnarüches, à Port-Cartier, « on a un taux de survie de 100 %. Peut-être parce que l’environnement sain contribue au fait qu’on a moins de mortalité. Moins de varroas, moins de monocultures, pas de pesticides », indique Sébastien Jean, l’un des propriétaires de la ferme.

Il ajoute également que « normalement, plus une colonie monte en force plus le varroa va augmenter, mais nous, ça n’a pas été le cas, on ne divise pas nos colonies, on les laisse monter en force pour qu’elles soient le plus résistantes possibles aux températures fraîches ».

C’est pourquoi Denis Picard, de la Bleuetière Bleu Nord, appelle maintenant les abeilles nord-côtières, les abeilles nordiques qui sont devenues plus résistantes avec les années.

« Ici, on a la chance d’avoir un grand territoire mais moins de terres agricoles donc moins de chimique aussi », souligne M. Picard.  De son côté, ses ruches sont sorties et il ne semble pas y avoir de mortalité inhabituelle.

Marie-Ève Harvey exploite le Rucher aux rayons d’or avec son père à Pointe-aux-Outardes, mais possède aussi une ferme au Lac-Saint-Jean. La problématique du varroa semble plus présente dans cette région que sur la Côte-Nord.

« Après une évaluation rapide, il ne semble pas y avoir plus de mortalité. Peut-être parce que sur la Côte-Nord, il y a moins d’apiculteurs, moins d’agriculteurs, moins de propagation », avance-t-elle. En plus d’échapper à la surmortalité dû au varroa, les abeilles de la Côte-Nord semblent également plus résistantes au froid et profitent d’un environnement plus sain.

Le MAPAQ doit terminer son enquête pour voir si la tendance se maintient sur la Côte-Nord où il n’y a vraisemblablement pas d’hécatombe chez les abeilles, contrairement à d’autres régions du Québec, plus touchées.

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