Des Philippines à déneigeur sur la Côte-Nord

Par Emy-Jane Déry 9:31 AM - 07 octobre 2021
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Comme 27 autres collègues, M. Ronie Cańonero JR a quitté la chaleur de son pays dans les derniers mois.

La première fois que Ronie Cańonero JR a vu la neige en arrivant des Philippines à Sept-Îles, il était excité et heureux. C’était le jour de la Saint-Valentin. Mais honnêtement, dit-il tout sourire, ce ne fut pas une très longue histoire d’amour.

Son enthousiasme face à cette poudre blanche glaciale a rapidement laissé place la réalité : il allait devoir s’adapter. Comme 27 autres collègues, M. Cańonero JR a quitté la chaleur de son pays dans les derniers mois. Ils sont venus s’installer à Sept-Îles afin de travailler pour Équipements Nordiques.

Laissant derrière eux leurs familles, ces travailleurs venus répondre à un besoin criant de main-d’œuvre ont espoir de trouver ici un avenir meilleur pour eux et ceux qu’ils aiment.

Ronie Cańonero JR envoie de l’argent à ses frères et sœurs, ainsi qu’à ses parents chaque mois.

« J’aime beaucoup mon travail », dit-il. « J’aimerais obtenir ma citoyenneté canadienne et rester ici longtemps », témoigne M. Cańonero JR, qui espère aussi que ses proches pourront venir le rejoindre. 

Jonathan Restullas vit sensiblement la même chose, mais par rapport à sa femme et ses deux enfants de 5 et 7 ans.

Pour Équipement Nordiques et son propriétaire, Régis Bouchard, ils sont une bénédiction.

« On ne pouvait plus maintenir nos services », a-t-il simplement résumé.  « Trouver des gens pour déneiger l’hiver, c’est très difficile. Nous étions sur le point d’être obligés de laisser tomber certains de nos contrats », a affirmé M. Bouchard.

L’entreprise a entre 300 et 400 portes à déneiger chez différentes entreprises, comme Alouette et IOC. 

Après un an de procédures compliquées par le contexte de la COVID-19, elle a accueilli ses premiers travailleurs étrangers en novembre 2020.

Adaptation

Équipements Nordiques leur achète le nécessaire pour vaincre le froid. Bottes, manteaux, tuques…après leurs 14 jours de quarantaine obligatoire, c’est parti pour les premières séances de pelletage.

« Ils sont en gang, ils travaillent ensemble. On les intègre graduellement », explique M. Bouchard.

Il y a certains détails qui font sourire l’entrepreneur. Par exemple, un groupe a fait une séance de déneigement vraiment efficace, des trottoirs aux bacs à fleurs d’un immeuble, mais en mettant toute la neige dans le milieu du boulevard Laure.

« J’étais parti une demi-heure gérer une autre équipe, j’ai fait le saut quand je suis revenu », rigole-t-il. « C’est le genre de chose qu’il faut expliquer. »

Il relate aussi les regards perplexes des travailleurs face à un classique bidon d’essence rouge pour remplir une souffleuse.

« Il faut dire que là-bas, l’essence est dans des bouteilles de gin », illustre-t-il.

Outre le travail, il y a l’aspect de la vie quotidienne.  « Je suis allé pêcher le maquereau avec eux un samedi soir. On s’est bien amusé », relate-t-il.

Par ailleurs, trouver des logements ne serait pas chose facile. « J’ai même déjà songé à acheter un hôtel », dit M. Bouchard. « On s’adapte nous aussi », conclut-il.

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