Olivier Tremblay, un vrai maniaque de hockey

Par Sylvain Turcotte 6:10 AM - 06 mai 2021
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Olivier Tremblay, un passionné de hockey, que ce soit pour y jouer, l’écouter l’analyser ou même en connaître son histoire.

Olivier Tremblay, 15 ans, ne jure que pour le hockey. Diagnostiqué autiste de haut niveau (Asperger) en 2012 combiné à un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), c’est vers notre sport national qu’il canalise son attention, son quotidien. On pourrait même le comparer à Fern dans Les Boys, le personnage interprété par Paul Houde.

Les personnes atteintes du syndrome d’Asperger ont des champs d’intérêts restreints. Jusqu’à l’âge de 6 ans, Olivier s’intéressait aux animaux. Depuis, c’est le hockey, le hockey et le hockey!

Le jeune Tremblay enregistre tout! Les matchs des Canadiens, les différentes émissions sur le hockey à RDS et TVA Sports. Il trouve moyen de regarder les parties des autres époques. « Je dois faire du ménage sur l’enregistreur », lance son père François.

Olivier ne vit que pour la Ligue nationale de hockey. Et pas juste celle des années 2000. Il peut vous parler de Gretzky, Béliveau, Lemieux et compagnie. Bref, de bien des joueurs qui étaient déjà à la retraite bien avant qu’il naisse. Il connaît aussi pas mal les records, un peu comme Fernand dans Les Boys! Il est fervent d’histoire.

Quand il n’est pas devant la télé à regarder un match, à l’analyser, à le décrire, à donner son verdict sur une punition appelée ou qui aurait dû l’être, c’est sur son clavier d’ordinateur qu’il est. « J’écris sur des joueurs du Hockey Hall of Fame et ceux que je pense qui y seront », souligne le jeune homme.

Ce n’est pas pour rien qu’il rêve d’être descripteur ou journaliste sportif un jour. Assurément d’un emploi dans le milieu du hockey. Pas impossible non plus qu’il soit statisticien. D’ailleurs, au printemps 2018, lors d’une partie du Drakkar de Baie-Comeau, il a passé la moitié de la rencontre avec le statisticien de la formation nord-côtière.

« Un jour, j’aimerais avoir un podcast avec Dany Dubé et François Gagnon. C’est mon but ultime ».

Même lorsqu’il joue au hockey sur sa console de jeux, il analyse et décrit la partie comme à la télé. « Tu ne veux pas jouer au Monopoly avec lui », lance son père.

Seul moment où Olivier décroche un peu du hockey, c’est en classe, au boulot ou aux quilles! Et l’été, c’est le tennis, mais aussi… le hockey, dans la cour ou dans le sous-sol! Encore là, il analyse tout!

Asperger oui, limité dans ses interactions sociales en raison du spectre de l’autisme, mais heureux dans son monde d’adultes.

Sur la glace pour dépenser son énergie

Olivier ne fait pas que suivre le hockey. Il le pratique depuis cinq ans. Il n’avait d’ailleurs jamais patiné avant de s’inscrire au niveau pee-wee au hockey mineur pour la saison 2016-2017. Il y aura évolué trois ans pour poursuivre par la suite au sein de l’option hockey de l’Institut d’enseignement de Sept-Îles où il bénéficie de six à huit heures d’entraînement sur la glace par semaine.

« Jouer au hockey, ça me permet de dépenser mon énergie », souligne-t-il.

Comme Olivier souffre d’adaptation à la coordination et de faiblesse au niveau des chevilles, il a dû mettre les bouchées doubles. « En six mois, j’ai appris à virer des deux bords », raconte fièrement le jeune sportif.

Au sein du programme hockey de l’IESI, OIivier saute sur la glace 20 minutes avant les autres questions de perfectionner son sport. Il est aussi jumelé avec les meilleurs.

« Frédéric Néron à l’Association du hockey mineur de Sept-Îles, Serge Roy à l’IESI et Guy Dion Centre de protection et de réadaptation de la Côte-Nord sont les plus grands acteurs de son développement et qui lui ont permis de jouer au hockey en tant qu’enfant différent », soutient son père François. Louis-Philippe Canuel, coordonnateur du programme de l’option hockey de l’IESI depuis cette année poursuit le travail amorcé.

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