La distillerie Vent du Nord sortira bientôt son gin

Par Charlotte Paquet 10:30 AM - 04 Décembre 2019
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Paul Blanchard et Catherine Blier, qu’on aperçoit ici près de l’alambic de la distillerie Vent du Nord, ciblent le début de 2020 pour la mise en marché de leur gin.

La nouvelle distillerie Vent du Nord mettra bientôt sur le marché les premières bouteilles de son gin Norkotié. Même si Catherine Blier et Paul Blanchard auraient bien aimé pouvoir les offrir avant la période des Fêtes, le début de l’année 2020 est maintenant ciblé, le temps de compléter les dernières étapes.

Les copropriétaires sont fébriles à l’approche du grand jour. Après un an et demi de travail et un investissement de 259 000 $, ils sont aujourd’hui en attente de l’obtention du permis de distillation de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), qui a procédé à l’inspection de leurs installations pas plus tard que la semaine dernière.

En effet, une inspectrice a débarqué le 27 novembre à la distillerie du boulevard Comeau, située dans le même édifice que l’usine de la microbrasserie St-Pancrace, et ses premiers commentaires élogieux ont ravi les associés. « On était bien contents de l’inspection. On ne savait pas ce qu’elle allait trouver. Elle a dit franchement, c’est rare qu’on voie ça, parfait comme ça », précise M. Blanchard. « On était bien préparés », ajoute sa partenaire, qui en profite pour rappeler toutes les visites de distilleries artisanales faites au Québec ces derniers mois en vue de l’ouverture de la leur.

Premières distillations

Dès l’obtention du permis, les deux entrepreneurs effectueront les premières distillations dans leur alambic et soumettront leurs échantillons à des laboratoires dans le but d’obtenir une entente de commercialisation avec la Société des alcools du Québec (SAQ).

« On part déjà avec un alcool pur et neutre qu’on achète. On fait macérer nos ingrédients avec l’alcool et ensuite on passe dans le processus de distillation. On récupère ce qu’on appelle le gin. Après ça, on doit le rediluer pour le ramener au pourcentage d’alcool qu’on veut avoir. Nous, ça va être 44 % », indique M. Blanchard en expliquant le processus de fabrication.

Le plan d’affaires prévoit la production et la vente de 29 000 bouteilles de 750 ml par année. Dès l’entente avec la SAQ signée, une obligation au Québec, l’entreprise veut prioriser d’abord la vente directe à la distillerie.

Les origines

Policière de formation, Catherine Blier est installée à Baie-Comeau depuis trois ans. Elle a fait le choix de retourner travailler dans le domaine de la restauration. C’est à partir de là que celle qui dit faire beaucoup de mixologie a réalisé l’important engouement des gens pour le gin.

Or, ses randonnées en forêt dans la région lui ont permis de constater la variété impressionnante de petits fruits et de produits de la forêt qui n’attendaient qu’à être exploités.

Après des démarches effectuées auprès du Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB) du cégep de Baie-Comeau pour confirmer certaines choses, le projet de distillerie a pris forme de fil en aiguille, notamment en synergie avec les producteurs et les autres entreprises, explique celle qui s’est associée à M. Blanchard.

Le Norkotié sera fabriqué à partir d’ingrédients cueillis à la main. Il est question de peuplier fermenté, groseilles noires, baies d’aronia, camerises, genévrier nordique québécois et thé du Labrador. Au sujet des ingrédients, Mme Blier souligne qu’il est évident que certains demeurent secrets.

« J’aime à dire que c’est un gin de valeur, un produit de qualité et c’est vraiment notre objectif. La distillerie Vent du Nord ne veut pas seulement faire un gin pour faire un gin. C’est vraiment tout ce qu’il y a en arrière et tout ce qu’on peut créer avec ça », indique-t-elle en parlant notamment de produits futurs à développer.

Le gin a la cote non seulement en région, mais partout en province. De 2016-2017 à 2017-2018, les ventes sont passées de 12 M$ à 39 M$ à la SAQ, d’après la copropriétaire.

Fabriqué notamment à partir de peuplier fermenté, de groseilles noires et de camerise, le Norkotié aura une teneur en alcool de 44%.

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