Après les excuses, les chefs veulent du concret

Par Nicolas Dupont 10:00 AM - 03 octobre 2019
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Mike McKenzie.

Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Mike Mckenzie, se dit satisfait des excuses du premier ministre envers les peuples autochtones. Par contre, ce sont des gestes concrets qu’il attend de la part du gouvernement du Québec.

« J’offre aux membres des Premières Nations et aux Inuits du Québec les excuses les plus sincères de l’ensemble de l’État québécois. L’État québécois a manqué à son devoir envers vous. Il vous demande aujourd’hui pardon », a lancé le premier ministre, François Legault, mercredi au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Présenter des excuses était la toute première recommandation du rapport de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics. Constituée en décembre 2016, la Commission Viens a déposé son rapport le 30 septembre.

Le rapport recommande 142 mesures afin d’établir de nouveaux rapports entre le gouvernement, les services publics et les peuples autochtones.

Gestes concrets

Mike Mckenzie était dans les tribunes du salon bleu lors des excuses officielles. Contrairement à d’autres chefs, il n’a pas applaudi suite aux déclarations des différents partis.

« Les excuses, c’est un bon début. Par contre, on attend toujours des excuses publiques de la SQ après ce qui est arrivé à Val-d’Or. C’est sûr que la commission, le rapport, c’est une bonne chose. Mais une commission n’a pas de pouvoir. Ce qu’il faut, c’est de mettre les recommandations en action », affirme-t-il.

M. Mckenzie ajoute que les chefs veulent avoir leurs propres mécanismes pour faire le suivi des recommandations du rapport de la commission.

« Le rapport insiste sur le fait qu’on doit avoir nos propres outils de développement. Ma priorité serait qu’on ait notre pleine autonomie en matière de protection de la jeunesse. Je veux aussi l’intégration de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones à l’intérieur de la législation provinciale. Il y a un an, le premier ministre disait qu’il voulait établir un rapport de nation à nation avec nous. J’attends des gestes concrets », conclut M. Mckenzie.

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