Audrey Ringuette, une sauveuse dans l’âme
Audrey Ringuette fait partie de la distribution de la série documentaire Policier autochtone présentée sur APTN.
Depuis qu’elle a 4 ans, Audrey Ringuette rêve de devenir policière. Son père, qui exerçait ce métier, lui a transmis cette passion inébranlable. Malgré les côtés plus sombres de son métier, Audrey demeure optimiste de faire une différence pour sa communauté.
Lorsqu’elle était toute jeune, Audrey Ringuette demeurait avec sa famille à Schefferville où son père y exerçait le métier de policier. Elle le voyait revenir à la maison tous les soirs, le sourire aux lèvres et fier du devoir qu’il avait accompli.
Lorsqu’elle avait environ 10 ans, ils sont retournés vivre dans la communauté de sa mère, à Uashat. Audrey y a grandi, imbibée par les blessures et les souffrances des siens. Elle les comprend, elle est empathique face à leur passé et veut faire une différence dans leur vie. Elle regrette l’époque des pensionnats où les enfants de sa communauté n’ont pas reçu l’amour de leurs parents, séparés d’eux et vivant certaines atrocités. Elle considère que ces blessures sont encore présentes et marquent le présent de son peuple.
«Comment tu peux exprimer tes émotions, quand on t’a empêché d’être toi-même. C’est pour ça que moi, autochtone, qui connais les problématiques, je peux intervenir différemment», confie la femme qui est officiellement devenue enquêteure depuis peu.
Une évidence
Pour Audrey, le désir de protéger les siens est quelque chose d’inné. Elle travaille pour la Sécurité publique de Uashat mak Mani-Utenam depuis dix ans, soit depuis qu’elle a terminé son cours de police autochtone. Il n’a jamais été question pour elle de travailler hors réserve.
«Pour moi c’est important de travailler sur ma communauté, de travailler pour les autochtones», exprime-t-elle.
Audrey doit intervenir auprès des gens avec qui elle a grandi. Elle voit cette réalité comme une force, parce qu’un lien de confiance et de respect les unie. Quelquefois, cette proximité est plus difficile émotionnellement, mais rien pour l’empêcher de perdre la flamme qui l’anime.
De père en fille
Le père d’Audrey adorait son métier et lui a transmis cet amour dès son jeune âge. Aujourd’hui, M. Ringuette est malheureusement décédé. Sa fille se souvient qu’elle a dû travailler très fort pour le convaincre qu’elle serait heureuse et épanouie en exerçant le métier de policière.
«Mon père ne voulait pas que je sois policière, peut-être pour me protéger, mais il a fini par accepter. La condition, à chaque fin de journée je devais lui raconter mon quart de travail», raconte celle qui avoue que son métier peut parfois être difficile.
Audrey continuera de veiller sur les siens encore plusieurs années, mais à présent à titre d’enquêteure pour la Sécurité publique de Uashat mak Mani-Utenam. Oui, les policiers communautaires sont là pour faire respecter les lois, mais en premier lieu, Audrey veut être présente pour les aider, les écouter et les appuyer dans leurs démarches.
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