Les Innus sortent les muscles contre les drogues

Par Mathieu Morasse 3:39 PM - 06 juin 2019
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Les chefs et représentants des communautés innues ont dévoilé leur plan d’action contre les drogues jeudi à Uashat.

Les communautés innues ont dévoilé jeudi à Uashat leur plan d’action pour lutter de façon musclée contre les drogues. Le plan comporte un volet sécurité publique et un volet guérison communautaire.

Ce plan d’action fait suite à la «Déclaration de la Nation Innue en matière de lutte au trafic de drogues et de consommation abusive» signée le 5 février par les dirigeants de Matimekush-Lac John, Pakua Shipi, Unamen Shipu, Ekuanitshit, Uashat mak Mani-Utenam et Pessamit.

Les communautés s’engagent à créer un comité permanent pour mettre en œuvre du plan d’action.

«La population s’attend à des résultats et nous nous engageons à ce que toutes les mesures soient mises en place pour efficacement lutter contre ce fléau et ses ravages mortels dans nos communautés», déclare le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike Mckenzie.

Les chefs se rencontreront de nouveau dans les prochaines semaines pour poursuivre leur concertation. Ils amorceront alors des discussions en vue d’harmoniser leurs règlements locaux.

«C’est devenu une question de vie ou de mort», martèle le chef de Nutashkuan, Rodrigue Wapistan.

Le chef d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, insiste sur l’importance et la force d’une action commune de toute la nation innue.

«On a un défi énorme devant nous. On veut s’attaquer au trafic de drogue de façon musclée. Nous lançons un cri d’alarme, car nous avons besoin d’aide pour le faire», déclare-t-il.

Le renseignement, nerf de la guerre

Le volet sécurité publique implique la collaboration des corps de police autochtones, de la Sûreté du Québec (SQ) et d’autres partenaires,

La SQ intégrera un enquêteur additionnel au sein de l’Équipe de lutte antidrogue mise en place en 2013.

Les partenaires s’engagent à déployer une stratégie de renforcement du renseignement entre les différents corps policiers. Une ligne téléphonique sans frais sera aussi mise sur pied pour les dénonciations et la divulgation de renseignements.

«On veut dénoncer et obtenir le plus de renseignements possible pour pouvoir mener nos enquêtes. Dans des enquêtes de toutes natures, et principalement au niveau de la drogue et du crime organisé, le renseignement, c’est le nerf de la guerre», rappelle Maxime Tremblay, directeur adjoint aux enquêtes criminelles à la Sûreté du Québec.

Des chiens patrouilleurs seront aussi déployés pour détecter les stupéfiants.

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