L’Institut Tshakapesh fête ses 40 ans

Par Jean-Christophe Beaulieu 12:00 AM - 23 avril 2018
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Le président et la directrice générale de l’Institut Tshakapesh, Alexandre Mckenzie et Marjolaine Tshernish.

D’ici la fin de l’année, l’Institut Tshakapesh organisera plusieurs activités pour souligner ses 40 ans d’existence. L’organisme mettra notamment sur pied un Forum visant à mettre de l’avant des projets pour préserver la langue innue.

Fondé en 1978, c’est depuis 2009 que l’organisme est connu en tant qu’Institut Tshakapesh. Alexandre Mckenzie, le seul membre fondateur encore présent, agit désormais en tant que président. Il croit qu’encore aujourd’hui, il faut prendre des moyens concrets pour défendre la innu-aimun, la langue innue. Lors de la conférence de presse soulignant les 40 ans de l’Institut, il a fait vibrer le tambour de cérémonie, tel que le veut la tradition.

«On l’appelle le Teueikan, il a la même forme que la Terre. Il symbolise le bois, la peau de caribou et ses vibrations rappellent le bruit des ailes des oiseaux migrateurs», a-t-il expliqué. «Nos ancêtres faisaient sonner le tambour à plusieurs occasions. Que ce soit pour souligner la visite qui arrive, en vue de la chasse, ou lorsqu’ils racontaient des histoires, c’est la première chose qui était faite.»

Préserver la langue

Pour les Innus, Tshakapesh est l’un des personnages mythiques à l’origine de la création du monde. Il démontre qu’à force de courage, de travail et de persévérance, on parvient toujours à vaincre les difficultés. L’institut portant son nom se donne comme mission de préserver la culture, mais aussi la langue innue. «Une grande discussion aura donc lieu en septembre prochain. Le but sera de trouver des moyens de préserver notre langue. C’est important de faire le point pour éviter qu’elle subisse le même sort que d’autres langues autochtones, aujourd’hui disparues», a déclaré la directrice générale de l’organisme, Marjolaine Tshernish. Ce sont 150 personnes qui seront invitées en ce sens au Centre des congrès de Sept-Îles pour élaborer des projets à mettre en œuvre pour défendre la langue innue.

D’ici décembre 2018, plusieurs évènements auront lieu pour célébrer le quarantième. En mai, des concours de photo et de rédaction seront lancés pour les étudiants. Les nouveaux diplômés innus du secondaire seront quant à eux soulignés lors d’un grand makusham, danse traditionnelle innue, qui aura lieu lors de l’ouverture officielle du Festival Innu Nikamu.

«La reconnaissance de leurs efforts est stratégique pour qu’ils poursuivent leur cheminement, selon nous. On va souligner ça d’une façon spéciale», a déclaré Mme Tshernish. La directrice générale a expliqué que l’Institut maintiendra le cap pour les prochaines années et a révélé que des programmes culturels seront bientôt développés dans les écoles pour y intégrer la langue innue le plus possible.

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