Eau potable : la Direction de la santé publique se fait rassurante

Par Jean-Christophe Beaulieu 12:00 AM - 21 mars 2018
Temps de lecture :

Nathalie Chouinard, directrice régionale du ministère de l’Environnement, Dr Stéphane Trépanier de la santé publique et le maire Réjean Porlier.

Le directeur de la santé publique de la Côte-Nord, le ministère de l’Environnement et la Ville de Sept-Îles ont fait le point, mercredi, concernant la qualité de l’eau potable de la municipalité.

Dans les dernières semaines, Le Nord-Côtier révélait qu’un rapport d’une firme mandatée de vérifier le fonctionnement de l’usine de traitement de l’eau potable de Sept-Îles concluait que plusieurs travaux correctifs y étaient requis pour que les normes de qualité soient respectées.

Lors du point de presse de mercredi, le directeur de la santé publique, Stéphane Trépanier, s’est fait rassurant.

«Les risques associés aux dépassements, par exemple de développer un cancer, sont faibles. C’est la même chose pour ce qui est des gastro-entérites», a-t-il dit. «Globalement, on considère qu’en respectant les normes, la santé de la population est bien protégée», a ajouté le Dr Trépanier, pour ensuite présenter quelques chiffres.

«8 sur 100 000, c’est le nombre de cas de cancer qui pourrait être causés par les trihalométhanes (THM) si la Ville ne s’améliore pas. Il faudrait pour cela être exposé aux concentrations recensées actuellement à Sept-Îles pendant 70 ans», précise-t-il.

L’exposition en question consiste en la consommation usuelle d’eau potable selon le Dr Trépanier, soit de boire 2 litres d’eau et se laver chaque jour. Pour les acides haloacétiques (AHA), c’est 5 cas sur 100 000. Sur une population de 25 000, cela équivaudrait donc à deux cas de cancer pour les THM et 1,25 pour les AHA.

Recommandations

Il a toutefois ajouté que les réseaux sont supposés être «aux normes» depuis juin 2010. Sur les 849 réseaux au Québec, 34 présentent des dépassements de la norme de THM, selon les chiffres les plus récents du ministère de l’Environnement. Cela représente 2% de la population québécoise.

Il recommande à la Ville de se mettre aux normes et de faire en sorte, à l’avenir, de connaître l’efficacité de ses procédés de traitement de l’eau, ce qu’elle ne peut arriver à faire pour l’instant.

Ainsi, il propose une barrière supplémentaire à l’usine de traitement de l’eau potable afin de s’assurer d’éliminer 99.9% des micro-organismes pathogènes.

«Ça serait plus rassurant. Et ça devient un système de vigie pour la municipalité», a-t-il dit.

Le Dr Trépanier mentionne que la situation à Sept-Îles est semblable à celle de Baie-Comeau. Récemment, cette dernière a cependant changé complètement son usine.

Il a précisé que depuis 1991, il n’y avait pas eu d’éclosion de personnes malades suite à la consommation d’eau potable sur la Côte-Nord.

«Mais les normes doivent être respectées pour assurer la santé de la population», a-t-il réitéré.

Une rencontre hors du commun

Une dizaine d’acteurs du milieu de la santé, de l’environnement et de la Ville de Sept-Îles étaient ainsi présents à la rencontre avec les médias le 21 mars.

«Ce n’est pas quelque chose de commun comme rencontre. Et d’avoir autant d’intervenants présents en plus. Mais ça s’imposait d’avoir une mise au point avec les trois principaux joueurs», a mentionné Réjean Porlier.

La rencontre sera d’ailleurs diffusée en entier sur la chaîne Cogeco.

«Les gens sont intelligents et pourront se faire leur propre jugement», a exprimé le maire.

Des bris majeurs

La Ville essaie de respecter les normes en matière de présence dans son eau d’AHA et de THM. Jean-François Grenier, chef division environnement à la municipalité, a fait valoir qu’une partie des dépassements concernant ces deux éléments étaient dus à des bris majeurs dans le réseau. L’un en 2014 et l’autre en 2017. Dans ce dernier cas, la Ville avait dû laisser entrer de fortes quantités d’eau non traitée directement du Lac des rapides. La problématique découle aussi du fait que le réseau d’aqueduc est «surdimensionné et très long» selon M. Grenier. Cela fait en sorte que les périphéries de la municipalité, en bout de réseau, sont plus touchées par la problématique des THM qui se développent davantage lorsque l’eau est stagnante.

Pour Réjean Porlier, le risque zéro n’existe pas.

«Il faut s’améliorer et entrer dans les normes, c’est ce qu’on va faire», a-t-il dit.

Le ministère de l’Environnement a quant à lui précisé son rôle dans le processus.

«On vérifie la conformité avec la réglementation, mais c’est aux municipalités de s’assurer de l’appliquer», a indiqué Nathalie Chouinard, directrice régionale du ministère.

 

 

 

Partager cet article