Le Port de Sept-Îles optimiste pour 2018, après une période difficile

Par Frédérick Jolicoeur Tétreault 12:00 AM - 24 janvier 2018
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Port de Sept-Îles

Pierre D. Gagnon, président-directeur général du Port de Sept-Îles.

Selon le PDG du Port de Sept-Îles, Pierre D. Gagnon, l’organisation est le poumon de l’activité économique régionale. «Quand le port va, tout va», dit-il. Au cœur de l’industrie minière, le Port n’a pas été épargné par la chute du prix du fer des dernières années. Malgré tout, ses dirigeants ont gardé le cap sur l’avenir qu’ils entrevoient maintenant avec un grand optimisme.

Le plus gros coup du Port de Sept-Îles au cours des dernières années aura certainement été la construction du quai multiusager, qui lui permet de rêver grand. «Avec le quai multiusager, on permet aux nouvelles mines de compétitionner avec les joueurs du Brésil, qui ont déjà des infrastructures de cette envergure-là», explique Pierre D. Gagnon.

Après avoir enregistré un volume manutentionné de 24 231 000 de tonnes en 2017, le PDG dit projeter un volume de 31 millions de tonnes en 2018. «Ça fait une quarantaine d’années qu’on n’a pas anticipé ce volume d’activité au Port», note-t-il.

Autour du Port, l’activité minière semble vouloir reprendre. Selon M. Gagnon, son voisin le plus proche, la compagnie minière IOC, ne cesserait d’augmenter sa productivité et sa performance au niveau des expéditions.

«Tout indique que cela va continuer en 2018 et qu’ils vont atteindre de nouveaux sommets», prédit-il.

À cela s’ajoute la mine du lac Bloom, dont les activités reprennent graduellement, ainsi que la mine Scully, récemment rachetée par Tacora et dont l’exploitation pourrait également reprendre d’ici la fin de 2018. «Tacora est en train de réécrire l’histoire en reprenant ce gisement-là. Ils sont maintenant à pied d’œuvre pour redémarrer ça», indique le PDG du Port.

Emplois

En terme d’employés, Pierre D. Gagnon compare le Port à une «petite PME» et souligne qu’on y retrouve «une petite équipe serrée». En raison des nombreux projets, cette équipe est maintenant appelée à grandir, preuve de la santé de l’organisation. «Nous sommes en recherche pour ajouter deux ressources à notre équipe, soit un ingénieur et un technicien», révèle-t-il.

Sur le site de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), des offres d’emplois sont déjà affichées. Sans préciser le nombre, le PDG du Port est confiant de voir plusieurs emplois être créés dans un futur proche. «Pour chaque million de tonnes, il est estimé qu’il y a 40 emplois en manutention. C’est un effet en cascade», rapporte-t-il.

Repositionnement communautaire

Le marasme économique qui a sévi sur la région, principalement attribué à la chute du prix du fer, a également eu ses effets sur l’organisation du Port. Même si les projets ont continué à atterrir sur les bureaux, l’argent, elle, se faisait plus rare.

L’organisation a donc dû diminuer considérablement les commandites et le support financier qu’elle octroyait annuellement aux différents événements et organismes de la municipalité.

Puisque les temps sont maintenant plus profitables, le Port souhaite retrouver son statut de leader auprès de la communauté. «On veut revenir au rendez-vous en 2018», assure Pierre D. Gagnon.

La directrice aux affaires corporatives, Patsy Keays, travaille actuellement à redéfinir la politique. «Dans notre ancienne politique, on touchait à tout : le culturel, les sports et tout. Là, on va revoir la politique de manière graduelle, puisque le budget va en fonction des revenus», précise-t-elle.

Pistes d’amélioration

Après quelques années de torpeur, le Port croit que les prochaines seront plus fastes. Comme le quai multiusager entrera bientôt en fonction, d’autres investissements sont à prévoir. «On a un projet de développement d’infrastructures à Pointe-aux-Basques, qui nous permettrait d’avoir un autre point d’entrée», dévoile M. Gagnon.

En effet, le PDG souhaite travailler à développer le réseau ferroviaire, ainsi que «l’autoroute bleue» de manière à réduire le transport routier. «Oui, on sert la grande industrie. Mais il faut également penser que près de 2 millions de tonnes entrent par un seul axe routier (la route138). Il n’y a pas assez de transport de marchandises sur le fleuve Saint-Laurent», juge le PDG.

Croisières

En 2017, on a réussi à recevoir sept grands voiliers et cinq navires de croisières, dont le célèbre Queen Mary II à deux semaines d’avis. Récemment, Destination Sept-Îles Nakauinanu, la corporation responsable de la coordination des croisières et des activités en parallèle, annonçait que la saison 2018 serait plus grande que celle de 2017. Concernant l’enjeu des retombées économiques que certains commerçants avaient remis en doute, Pierre D. Gagnon demande à la population de continuer à travailler ensemble.

«On doit comprendre la psychologie du croisiériste international. Il faut revoir notre manière de se présenter. On a encore beaucoup à apprendre pour faire en sorte de maximiser nos retombées. On doit créer une meilleure communication pour attirer ces gens-là. Ça prend une communion de tous les intervenants de la ville. On est encore en apprentissage, on n’est pas encore arrivé à maturité», constate-t-il.

20e anniversaire

En 2019, le Port célèbrera le 20e anniversaire de son passage d’une administration gouvernementale vers une administration portuaire locale.

Sans donner de détails, Pierre D. Gagnon et Patsy Keays ont laissé planer la possibilité d’un événement, voir un festival spécial pour souligner cette marque. «C’est sûr qu’il y a des choses qui s’en viennent. En plus ce sera le 30e anniversaire du NCSM Jolliet en même temps. On ne passera pas ça sous silence», assure Mme Keays.

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