Après le bond de 17% en 2015-2016: Les signalements à la DPJ augmentent de 1,9%

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 20 septembre 2017
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La directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord, Marlene Gallagher, a dressé un bilan 2016-2017 qui révèle une hausse de 1,9% des signalements traités.

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Côte-Nord a traité 3 109 signalements en 2016-2017. Il s’agit d’une légère hausse de 1,9% (+ 4% au Québec), légère d’autant plus lorsqu’on la compare au bond de 17% du nombre de dossiers d’enfants et d’adolescents ouverts l’année précédente.

Charlotte Paquet

C’est ce qui ressort du bilan annuel présenté mardi par la directrice de la protection de la jeunesse en région, Marlene Gallagher. Invitée à expliquer les raisons de changement de cap, Mme Gallagher a avoué son impuissance à mettre le doigt sur un facteur plus qu’un autre qui peut y avoir contribué.

«C’est souvent multifactoriel», souligne-t-elle. Il demeure cependant évident que le contexte socioéconomique est un aspect important à prendre en compte et, se souvient-elle, l’année 2015-2016 avait été plutôt difficile à ce chapitre, en particulier du côté de la Minganie.

Signalements retenus

Bien que la totalité des signalements traités ait augmenté de 58, du côté de ceux qui ont été retenus pour assurer un suivi parce que la sécurité ou le développement des jeunes étaient jugés compromis, une diminution de 151 s’observe. Ils sont passés de 1 055 en 2015-2016 à 904 au cours de la dernière année, pour une baisse de 15%.

Ce sont encore et toujours les jeunes en situation de négligence ou de risque de négligence qui sont les plus retenus à la DPJ. Ils représentent 50,4% de l’ensemble des signalements retenus. Au deuxième rang (18%) viennent les jeunes aux prises avec des problématiques d’abus physiques ou de risque sérieux d’abus physiques. Au troisième rang (15%) suivent les cas de mauvais traitements psychologiques.

L’examen du tableau des signalements retenus par problématique sur la Côte-Nord révèle aussi que 6,7% d’entre eux réfèrent à des abus sexuels et des risques sérieux d’abus sexuels, 8,7% à des troubles de comportement sérieux et 0,4% à des abandons.

Ah l’adolescence!

À la grandeur du Québec, le bilan 2016-2107 des DPJ a pour thème l’adolescence, une étape marquante de la vie qui est tout en transformations, en doutes, en remises en question et en quête identitaire. Les 13-17 ans constituent environ le tiers des jeunes suivis en protection de la jeunesse.

Et contrairement à la croyance générale, souligne Mme Gallagher, ils ne sont pas tous dans les mailles de la DPJ pour des troubles de comportement, loin de là. Dans les faits, environ le tiers d’entre eux sont concernés par cette problématique.

Les autres raisons sont diverses. Mme Gallagher cite notamment le cas de ces jeunes dont les besoins ne sont pas comblés par leurs parents. La directrice de la protection de la jeunesse insiste d’ailleurs sur l’importance de soutenir les pères et les mères afin de favoriser le retour à la parentalité.

Depuis cinq ans, le nombre de signalements et de suivis d’adolescents tend à diminuer. Mme Gallagher croit que de nouvelles façons de faire en matière d’expulsions d’élèves dans les écoles expliquent en partie ce recul. Les expulsions s’effectuent à l’intérieur et non à l’extérieur des murs des écoles, ce qui diminue le nombre de jeunes dans la rue, dit-elle.

Enfin, s’il est une réalité relativement nouvelle sur laquelle les DPJ du Québec se pencheront dans les prochaines années, c’est celle des effets du volet virtuel de l’adolescence et de ses conséquences sur l’isolement des jeunes.

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