Feux en Colombie-Britannique: Une Septilienne raconte

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 12 juillet 2017
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«Vous savez le mode sépia quand on prend une photo, bien on est comme en mode sépia depuis vendredi». Au bout du fil, Karine Lajoie raconte qu’elle et son conjoint «ne prennent pas de chance» et ont pris soin de préparer leur valise. D’heure en heure, le couple reste en alerte depuis leur maison de McLeese Lake en Colombie-Britannique. L’incendie de forêt le plus près n’est qu’à une dizaine de kilomètres.

«Il y a un smog de fumée tout le temps et l’odeur est là aussi. C’est sûr qu’on a pris des précautions. La température n’est pas clémente. On ne prévoit pas de pluie, c’est sec partout, c’est très inquiétant», a expliqué la Septilienne. De gigantesques feux de forêt malmènent la côte ouest forçant l’évacuation de 8 000 personnes en Californie et plus de 14 000 en Colombie-Britannique.

Le couple formé d’Adrian Barbulescu et de Karine Lajoie habite la Colombie-Britannique depuis deux ans.

Au pays des incendies donnent du fil à retordre aux pompiers, entre autres près de la ville de Williams Lake qui a été déclarée lundi en état d’alerte d’évacuation. La résidence de Karine Lajoie est à une quarantaine de kilomètres au nord. «Nous, la ville la plus proche, c’est Williams Lake et ils sont en alerte d’évacuation partout, l’aéroport est fermé alors on se sent un peu coupé du monde», indique-t-elle.

Reste que pour l’heure, le secteur où elle habite avec son conjoint est épargné par les flammes. «Ici, c’est pas trop inquiétant mais on ne sait jamais, si les vents changent de bord. On reste en alerte. On regarde les réseaux sociaux et les nouvelles. (…) Ça dépend des jours, des heures. Tout change tellement vite. Un moment donné, on se sent en sécurité et le moment d’après, ce n’est plus du tout pareil».

Incendie à proximité

Lundi, un groupe de résidents de son voisinage s’est réuni pour essayer d’éteindre les foyers de l’incendie qui brûle à une dizaine de kilomètres de chez elle. «C’est un feu qui se propage sous terre. Il n’est pas trop visible. C’est plus de travail et les équipements sont restreints. Puisqu’il n’est pas trop important, les gens sont occupés ailleurs».

C’est donc armés de pelles, de pics et de haches que le couple et leurs voisins ont tenté «de travailler le feu» avec en plus, une bonne réserve d’eau. Des pompiers volontaires de McLeese Lake sont venus en renfort dans l’après-midi. «On espère que ç’a pu ralentir sa progression. De la pluie, ça aiderait aussi», explique Karine Lajoie.

La Septilienne témoigne aussi que la «solidarité se fait sentir» sur le terrain. Elle et son conjoint ont ouvert leur vaste cour pour accueillir des sinistrés, au besoin. D’autres ont aussi ouvert leurs portes. C’est que si la ville de Williams Lake est évacuée, qui compte 10 000 de population, des gens pourraient être envoyés vers le nord, indique-t-elle.

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