Nouvelle offensive du Collectif Sept-Îles Agir-Avenir

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 05 avril 2017
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Le Collectif Sept-Îles Agir-Avenir s’élargit et compte maintenant dans ses rangs des représentants de la moyenne et petite entreprise et des organismes communautaires. La formation qui se veut apolitique interpelle les élus de tous les niveaux à monter dans le train pour «bouger, ça presse» et permettre à la région de traverser le marasme économique.

Les entreprises Distributions JRV et Équipements Nordiques ont joint leurs voix au collectif, lancé il y a deux semaines, dans la foulée de la faillite du Groupe Trinor. «On a besoin d’un coup de rame de plus», a affirmé la directrice des finances chez JRV, Odette Whittom, qui rapporte que son entreprise a depuis trois ans, vu fondre son chiffre d’affaires de 30%, fermé deux succursales et mis à pied 41 employés.

«C’est la pire année de l’histoire d’Équipements Nordiques», a ajouté le président Régis Bouchard. Des acteurs du milieu communautaire étaient aussi à table, mercredi matin. Le Comptoir alimentaire a fait état d’une hausse de 30 à 35% de ses usagers depuis les derniers mois et Transit Sept-Îles a expliqué que sa clientèle d’aujourd’hui est différente que dans les années 2010-2012.

«Pas plus tard que cette nuit, nous avons accueilli un papa avec une enfant de 11 ans. À 3h15 du matin. La raison était économique», a indiqué avec émotion, le directeur général de l’organisme, Doris Nadeau. «Il faut que nos élus, peu importe leur niveau, entendent un signe de détresse», a-t-il imploré. «On a surtout besoin d’un message positif, d’une annonce, d’une implication du gouvernement».

Le Collectif Sept-Îles Agir – Avenir réclame que Québec crée un fonds de diversification pour la Côte-Nord en plus d’un fonds d’urgence de 25 millions $ pour aider les PME de la région à passer «au travers de la tempête». Le regroupement exige aussi que l’État permette l’accélération de la réalisation de projets économiques majeurs comme Champion Iron et Mine Arnaud.

Appel aux élus
L’absence d’élus au sein du collectif en a dérangé certains, dont le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, qui a dit se sentir «écarté» de la démarche, rappelant que «sa porte est toujours ouverte». L’affaire a d’ailleurs trouvé écho à la dernière séance municipale où la conseillère Louisette Catto a déploré que «le politique» ait «été évincé» de l’initiative. Dans nos pages, le préfet de la MRC de la Minganie, Luc Noël, disait lui aussi que l’absence d’élus l’avait « déplu » affirmant que la Côte-Nord était dans «un temps pour s’unir».

Le président de la Chambre de commerce de Sept-Îles, Steeve Chapados, a voulu être clair sur la question. «(Ce travail) va se faire en collaboration avec les élus (…) Il n’y a aucun autre objectif caché derrière cette mission-là, qui est de susciter le sentiment d’urgence, qu’on le partage, qu’on développe une vision commune pour dans un deuxième temps, obtenir des mesures à court terme. On est pas là pour faire du crédit ou du discrédit politique», a-t-il martelé.

Le Collectif rappelle qu’une rencontre a déjà eu lieu avec la députée fédérale de Manicouagan, Marilène Gill, la semaine dernière et qu’une autre est à venir avec la députée de Duplessis, Lorraine Richard.  Une lettre a aussi été envoyée pour rencontrer le conseil municipal. Le regroupement confirme aussi qu’une rencontre doit avoir lieu à court terme avec le ministre de la région, Pierre Arcand.

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