Citoyens au pouvoir : Frank Malenfant quitte le navire

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 24 janvier 2017
Temps de lecture :

Frank Malenfant (à droite) a annoncé qu’il quittait le parti Citoyens au pouvoir.

Celui que Bernard Gauthier qualifiait du «cerveau» du parti Citoyens au pouvoir, Frank Malenfant, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il quittait la formation politique.

M. Malenfant explique dans une longue lettre qu’il ne peut plus «être le co-porte-parole d’un nouveau message irrespectueux qui (l’) oblige à trahir le message central sur lequel (il) a bâti la confiance des citoyens depuis trois ans».

M. Malenfant a refusé de préciser les raisons de son départ, mais assure que son geste «bien réfléchi» ne fait pas écho à l’arrivée de Bernard Gauthier comme porte-parole principal du parti. «Malgré certains propos qui ont fait beaucoup parler, j’ai découvert en Bernard un homme humble et dédié qui veut vraiment se mettre au service de son monde (…) », écrit lui qui était le co-porte-parole de M. Gauthier.

Frank Malenfant explique néanmoins que l’égalité politique, une des valeurs du parti, c’est «une société où chaque citoyenNE a un poids égal (…) Peu importe son genre, sa race, sa religion (…) Les nouveaux arrivants aussi ont droit à la dignité et aux meilleures chances d’intégration possible (…)», poursuit-il. Difficile de ne pas faire de rapprochements avec les propos sur l’immigration ou le féminisme qu’a tenu M. Gauthier lors de son récent passage à Tout le monde en parle.

«C’était ses propos personnels. On savait qu’il allait là à titre personnel», rectifie-t-il, joint au téléphone. Frank Malenfant indique que Citoyens au pouvoir était dans une «stratégie» dont le but «était de briser le plafond de verre qui empêche tous les tiers partis au Québec d’avoir une voix». «Nous, on était là pour faire un peu de brassage médiatique», concède-t-il.

«Bernard était là en partie pour ça et il n’avait pas de problème à prendre les valeurs du parti après cette phase-là (stratégique). Je suis sûr qu’il va bien porter le message du parti à ce niveau-là alors c’est rien du tout par rapport à lui», conclut-il.

Garder le cap

Pour sa part, Bernard Gauthier a assuré qu’il «gardait le cap» dans son intention d’opérer un «virage à 180 degrés» à la politique actuelle. Lui qui dit prendre une pause de la sphère médiatique pour se concentrer à son travail de représentant syndical n’a pas voulu davantage s’aventurer sur les raisons qui ont pu motiver son co-porte-parole à vouloir quitter le navire.

«Je suis bien content de l’avoir connu. S’il n’était pas à l’aise, j’aurais fait la même chose que lui», a mentionné Bernard Gauthier, ajoutant que le départ de son collègue ne lui fait pas cependant craindre pour l’avenir du parti politique.

«C’est sûr que ça ébranle le parti un peu par la bande parce que c’était quelqu’un de bien (…) Ça n’ébranle pas les fondements du parti, ça continue à rouler, il n’y a rien qui change», a réagi pour sa part l’un des membres fondateurs du parti et dirigeant, Yvon Simard.

Lui non plus «n’a pas voulu s’étendre» sur le départ de M. Malenfant, mais écarte l’idée que les propos francs et colorés de M. Gauthier puissent créer des malaises au sein de l’organisation. «Le parti n’a rien à dire contre Bernard (…) Les entrevues qu’il a faites à date, c’est plus sur la personne que sur le parti», rappelle-t-il.

Une nuance que Citoyens au pouvoir entend «expliquer» au cours des prochaines semaines avec la publication d’une plateforme qui évoluera en 2017 selon «ce que le peuple veut». «Nos porte-parole ont droit à leurs opinions, c’est clair. Admettons qu’il est élu (M. Gauthier), il deviendra mandataire du peuple (…) C’est pas son idée qui va primer», avise M. Simard.

Partager cet article