Retraités de Cliffs: Pétition pour modifier une «loi sauvage»

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 26 septembre 2016
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Les installations de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire.

Le syndicat des Métallos, appuyé de la députée bloquiste de Manicouagan, lance une pétition pour qu’Ottawa modifie la Loi sur les arrangements avec les créanciers et place «une fois pour toutes» les retraités en tête de liste au moment d’une restructuration légale, un processus qui a récemment plombé le régime de retraite des ex-employés de Cliffs Natural Resources.

Les quelque 671 participants du Québec à la caisse de retraite du géant minier ont vu cet hiver leurs prestations être amputées de 21%, en plus de perdre leur couverture d’assurances vie et médicaments. Pour les retraités de moins de 65 ans, les pertes financières mensuelles varient entre 200 et 600 dollars, estime Gordon St-Gelais, du comité de retraités. «C’est énorme», lance-t-il.

Cliffs Natural Resources a placé ses actifs de Mine Wabush (Sept-Îles et Labrador) sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers en mai 2015, cinq mois après avoir fait de même avec ceux de la mine du lac Bloom, près de Fermont. Presque deux ans plus tard, le contrôleur de la société américaine réclame encore plus de temps pour arriver à une offre à ses centaines de créanciers.

«Les retraités sont considérés, excusez-moi, mais comme du bétail, les banques passent avant vous autres», s’est insurgé le coordonnateur des Métallos sur la Côte-Nord, Nicolas Lapierre, lors d’un point de presse lundi, en présence de plusieurs retraités réunis. «Une banque, ça ne mange pas, ça ne souffre pas, ça ne respire pas. C’est inacceptable, il faut que (les retraités) passent avant tout le monde».

Une pétition sera lancée d’ici les prochains jours pour que les retraités deviennent créanciers prioritaires lorsqu’une entreprise se place sous la protection de la loi. Le document, espère la députée Marilène Gill, donnera de la «force» au projet de loi que le Bloc québécois prévoit déposé à la Chambre des communes au printemps 2017.

«Le fonds de pension, c’est un dû. Ça n’appartient pas aux compagnies, c’est un vol, alors maintenant, il faut le redonner aux travailleurs», a indiqué Mme Gill.  Les Métallos interpellent du même souffle le gouvernement libéral et les autres partis d’opposition pour que «le saccage» se termine.

La pétition sera disponible sur le site Internet de la députée Gill et le lien sera publié sur sa page Facebook. Des versions papier seront également disponibles.

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