Paul Desmeules reçoit le trophée Robert Piché

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 16 avril 2016
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Vingt ans plus tard, Paul Desmeules n’a pas oublié une seconde du sauvetage héroïque qu’il a mené à Sept-Îles, le soir du 27 juillet 1995. Samedi à St-Hubert, la Fondation Aérovision Québec lui décernera le Trophée Robert Piché lors du 9e gala d’intronisation au Panthéon de l’Air et de l’Espace du Québec.

Une soirée qui sera présidée par Jacques Blouin, intronisé en 2010, et qui était avec lui quand l’appel de secours a sonné vers les six heures, ce jour-là. «On discutait quand la tour de contrôle nous a informés qu’il y avait un avion en détresse, qui allait se poser dans le golfe du Saint-Laurent», raconte le pilote.

Le moteur gauche d’un Piper Navajo de la compagnie Confortair a flanché en plein vol de Blanc-Sablon vers Mont-Joli avec à son bord sept occupants, dont les deux pilotes. L’équipage n’a pu atteindre l’aéroport de Sept-Îles et a été forcé d’amerrir en «plein milieu du golfe» à environ 47 kilomètres au sud de la côte.

«On a fait ce qu’on avait à faire, tu penses pas dans ce temps-là», assure M. Desmeules, qui était à l’époque gérant de base chez Hélicoptères Canadiens (autrefois Viking-Héli-Littoral). Lui et M. Blouin, son supérieur, sautent dans l’hélico après avoir pris un radeau de sauvetage. «On est parti franc sud, on volait un peu à l’aveuglette», se souvient-il.

Les premiers arrivés

«Un moment donné, on a remarqué une différence dans la couleur de l’eau, c’était probablement de l’huile ou du fuel, et plus on s’approchait, on a commercé à apercevoir des têtes», poursuit le pilote. Les sept occupants avaient tous réussi à s’extirper de l’avion avant qu’il ne sombre en quelques instants à peine.

Les naufragés tenaient le coup depuis un bon trente minutes, sans veste de flottaison (ce n’était pas obligatoire à bord du type d’appareil qu’ils occupaient). «Il y en a qui était plus fort que d’autres, mais il y en a d’autres qui étaient sur le bord de… Il y en avait un que les autres tenaient parce qu’il était brûlé».

«On a fait un cercle rapide, on s’est approché en stationnaire. Jacques a déployé le radeau, ils ont pu monter à bord», explique Paul Desmeules. Une opération pour le moins complexe, qui nécessitait l’habileté certaine du pilote Desmeules, louange M. Blouin. «C’était pas facile et c’était extrêmement important», soulève-t-il.

Paul Desmeules effectuera ensuite deux autres aller-retour pour aller récupérer tous les passagers et les ramener en lieux sûrs. «Le premier voyage leur a sauvé la vie, tranche-t-il. C’était in extremis, une question de minutes». Les cinq passagers, tous des employés de l’Institut Maurice-Lamontagne, et les deux pilotes s’en sont tirés indemnes.

«L’image qui me reste, c’est quand on est arrivé, du haut des airs, l’eau était claire, on voyait les têtes et les jambes. C’était bien réel, ils étaient vraiment dans la flotte, c’était impressionnant», se rappelle M. Desmeules. «T’oublies jamais ça», renchérit M. Blouin, même si les deux hommes ont une longue feuille de route à leurs actifs.

Le sauvetage de sept vies en juillet 1995 a été un succès grâce à la contribution d’acteurs de premier plan, qui n’ont pas non plus hésité à participer aux événements, ont tenu à souligner Paul Desmeules et Jacques Blouin.

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