Plan Nord : La Chine rend la grande séduction difficile

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 16 Décembre 2015
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Le ministre régional, Pierre Arcand et le président-directeur général du Centre intégré de santé et des services sociaux de la Côte-Nord, Marc Fortin.

La Chine rend difficile la grande séduction des investisseurs étrangers susceptibles d’investir dans les projets miniers du Plan Nord, dont celui de Mine Arnaud à Sept-Îles.

Tout juste de retour d’une mission économique de deux jours à New York, le ministre responsable du Plan Nord n’hésite à dire que le Québec mène actuellement «une guerre commerciale extrêmement dure» avec la Chine, qui tente par tous les moyens de maintenir sa croissance. Le ministre Arcand parle même «d’une énorme compétition» pour attirer les bailleurs de fonds dans la province.

«La Chine coupe les prix et fait tout, tout, tout, ce qui est possible pour être ultra compétitive avec nous», a poursuivi le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, en entrevue au Journal. Pierre Arcand s’est déplacé aux États-Unis en début de semaine, accompagné des représentants de compagnies minières québécoises, dont Mason Graphite, pour recruter d’éventuels partenaires financiers.

«La Chine coupe les prix et fait tout, tout, tout, ce qui est possible pour être ultra compétitive avec nous» – Pierre Arcand

Mine Arnaud

Le président-directeur général d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, était aussi du voyage promouvoir le projet de la Mine Arnaud, «la première priorité» du gouvernement, qui en est le principal actionnaire. Cet automne, Yara International ASA a fait part de sa décision de ne plus investir dans le projet d’exploitation d’une mine d’apatite.

Le bras économique de l’État a depuis, mandaté une firme spécialisée dans la recherche de financement pour parvenir à identifier des investisseurs. À New York, Québec a notamment rencontré les grandes firmes, Ernst and Young et Blackstone, où les échanges ont été qualifiés de «fructueux» par M. Arcand. «Les gens mandatés pour ça vont maintenant tenter d’aiguiser leur crayon».

Redoubler d’efforts

«Quand les investisseurs voient que le gouvernement est derrière, qu’il a même pris des participations (dans le projet), ça sécurise l’investissement». La qualité des ressources extraites au Québec pourrait aussi peser dans la balance et favoriser la province à la Chine, explique M. Arcand.

«On donne de belles conditions, on a des tarifs énergétiques qui sont corrects, on a un dollar qui n’est pas très fort, qui pourrait nous aider pour les exportations, énumère-t-il. En principe, tout devrait être en place pour que ce soit pas mal facile, mais on sent qu’il y a une énorme compétition en ce moment».

«Il est clair qu’il va falloir redoubler d’efforts», ajoute le ministre, envisageant même que Québec doive changer d’approche s’il veut tirer son épingle du marché. «Il va falloir regarder non seulement ceux qui achètent la matière première, mais peut-être celui qui aurait l’intérêt de la posséder plutôt que de l’acheter sur le marché».

Pierre Arcand assure néanmoins que sa visite à New York aura permis «de développer de nouveaux liens solides» et espère que «ça va bouger le plus rapidement possible».

 

 

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