Décès de Steeve Barriault: Hydro-Québec et Neilson-EBC montrés du doigt

Par Fanny Lévesque 25 novembre 2015
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La Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) montre du doigt Hydro-Québec et l’entreprise Neilson-EBC dans son enquête sur le décès de Steeve Barriault, 39 ans de Havre-Saint-Pierre, qui était aux commandes d’une pelle hydraulique au chantier de La Romaine, le 11 mars 2015.

Dans son enquête révélée mercredi matin, la CSST a identifié une «gestion déficiente» de la société d’État et de l’employeur des travaux de déblaiement de la centrale hydroélectrique, qui a donné accès «à un terrain dangereux où il a risque de submersion».

La CSST est d’avis qu’une série de facteurs «ont contribué à l’événement», notamment le non-respect par Hydro-Québec de l’article 5.14 du programme de prévention du maître d’œuvre, stipulant qu’«aucune activité terrain n’est permise sans une analyse préalable du site dont on ignore la stabilité, la capacité portante ou la profondeur (…)».

Or, cet article spécifique du programme avait pourtant été ajouté en 2010, à la suite d’un premier accident mortel au chantier La Romaine, impliquant un opérateur qui s’était aussi noyé après que le débardeur à câble qu’il conduisait se soit enfoncé dans un étang.

Hydro-Québec n’a pas non plus transmis les «informations pertinentes» à Neilson-EBC pour la réalisation des travaux sur le site, ni soulevé les «éléments pour la problématique probable de l’accumulation d’eau» dans le secteur, malgré des réunions de chantiers toutes les deux semaines, souligne la CSST.

L'issue de secours (Photo: CSST)

L’issue de secours (Photo: CSST)

Issue de secours 

La CSST note également qu’un rideau de tissu non prévu par le fabricant avait été placé devant l’issue de secours de la pelle pour la réalisation des travaux dans un tunnel. L’étiquette de l’anneau d’ouverture de l’issue était également absente.

«Ce ne sont pas là des éléments clés, a tenu à préciser l’enquêteur, Stéphan Lalancette. Ça ne garantit pas que le travailleur s’en serait tiré». Reste que la CSST a exigé à l’employeur «qu’il informe ses travailleurs de l’accessibilité et du fonctionnement des différentes issues de secours des équipements».

Il faut rappeler que la victime n’a pas été en mesure de s’extirper de sa pelle après avoir chaviré. Les secours sont aussi demeurés vains. La CSST informera l’Agence canadienne de normalisation sur le fait que la norme qui traite des exigences relatives à la sécurité est muette sur la possibilité d’ouvrir une issue de secours de l’extérieur.

Hydro-Québec et Neilson-EBC ont déjà plaidé non coupables au constat d’infraction découlant de l’enquête de la CSST. Ils sont passibles d’une amende variant entre 16 124$ et 64 495$ pour une première offense.

La société d’État n’a pas voulu commenter le rapport puisque le dossier est maintenant «judiciarisé». La CSST confirme qu’Hydro-Québec et l’employeur se sont conformés aux exigences formulées par la commission, après l’accident.


(Photo: CSST)

 

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