Changement de règles dans le réseau des CPE : Des organisations et des familles à bout de souffle

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 08 Décembre 2014
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Tant les familles que les organisations du réseau des Centres de la petite enfance (CPE) de la Côte-Nord nagent dans l’incertitude depuis que le gouvernement a changé les règles du jeu en matière de financement de projets de développement et mis fin au tarif de garde unique.

Le pire que l’Association québécoise des CPE (AQCPE) craignait cet automne, c’est concrétisé il y a quelques semaines, ce qui l’a incité à revenir à Sept-Îles vendredi, pour sa tournée des promesses brisées. «On sentait que c’était important de revenir», a laissé savoir le président-directeur général, Louis Senécal, qui était dans la région en octobre, avant que le gouvernement annonce la hausse des tarifs de garde.

«Les parents et les membres du réseau sont en colère, a déploré M. Senécal. En plus d’imposer la modulation des tarifs, les libéraux paralysent le développement de places en CPE et laissent les places en garderies privées non subventionnées se multiplier», a-t-il ajouté.

C’est qu’en plus des changements au niveau des tarifs, les organisations doivent maintenant financer 50% de la construction de leurs installations. «L’intention du gouvernement est claire, lance M. Senécal. C’est d’empêcher les constructions et freiner le développement en CPE». Sur la Côte-Nord, cette nouvelle mesure compromet notamment l’aménagement d’un CPE de 80 places à Port-Cartier, un projet pourtant approuvé par Québec en 2013.

«Au lieu d’aider et soutenir les familles, le gouvernement les méprise, explique la directrice générale du CPE Touchatouille de Port-Cartier, Chantal Johnson. Comment allons-nous trouver 878 490$?», se questionne-t-elle. L’incertitude est d’autant plus importance pour Mme Johnson qui craint que la pénurie de places s’aggrave dans son secteur avec l’arrivée de l’usine de FerroQuébec. «Notre liste d’attente compte déjà plus de 200 noms», dit-elle.

Tournée des promesses brisées
Pour manifester leur mécontentement, les parents sont appelés à se mobiliser du 15 au 19 décembre en se rassemblant de façon ponctuelle de 16h à 18h devant les bureaux provinciaux. Ce mouvement reprendra du service, les lundis à compter du 5 janvier. L’AQCPE invite aussi les familles à envoyer une carte de Noël, un bricolage d’enfant ou envoyer un courriel aux députés libéraux pour leur faire connaitre vos préoccupations.

Sur la Côte-Nord, 1800 enfants attendent une place en CPE.

Le président-directeur général de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Louis Senécal lors de son passage à Sept-Îles, en compagnie la directrice générale du CPE Touchatouille de Port-Cartier, Chantal Johnson, le président du conseil d’administration du Regroupement des CPE de la Côte-Nord, Jean-Philippe Morin et une maman, Karoline Gilbert. (Photo : Le Nord-Côtier)

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