Mine Arnaud: Des centaines de citoyens marchent pour un référendum

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 02 novembre 2014
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Pier-Luc Berthelot et Patrick Vollant, gagnants 2×2 Hommes Récréation Division 1

Environ 800 citoyens ont marché, par temps froid dimanche, pour réclamer un référendum sur le projet Mine Arnaud et plus de transparence de la part du promoteur. Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, et le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie, ont marché côte à côte.

Organisée par le Rassemblement de citoyens, la mobilisation de dimanche ne visait pas à prendre position pour ou contre le projet de mine d’apatite, mais pour réclamer un référendum consultatif, afin que la population se prononce. «C’est important qu’on gagne le droit d’être informé», a affirmé l’un des porte-paroles du Rassemblement de citoyens, Charles Desrosiers.

Des citoyens regroupés pour un référendum.

Des citoyens regroupés pour un référendum.

Le maire Réjean Porlier a été accueilli par une ovation de la foule lorsqu’il s’est présenté sur la tribune avant le début de la marche, dans le stationnement de la Tente jaune. «On marche pour un référendum pour avoir le droit de dire notre mot. On dit de l’autre côté qu’on ne veut pas de référendum, mais on jurerait qu’on est en campagne référendaire», a mentionné M. Porlier et faisant référence aux nombreuses affiches pour ou contre le projet installées un peu partout en ville.

«J’espère qu’on va revenir à l’essentiel, c’est-à-dire écouter notre population lorsqu’elle lève la main. C’est la première fois à ma connaissance que la population dit, on veut être entendu», a continué le maire. Ce dernier a tenu à rappeler qu’il ne s’est jamais prononcé contre le projet. «Je n’ai jamais dit que je suis contre le projet, mais on a tenté de me mettre ces mots-là dans la bouche», a-t-il lancé à la foule.

Le maire Réjean Porlier et le chef Mike McKenzie.

Le maire Réjean Porlier et le chef Mike McKenzie.

En entrevue durant la marche, Réjean Porlier a expliqué qu’il était présent pour être «conséquent» avec sa promesse en campagne électorale de tenir un référendum. «On essaie d’emmener ce débat-là sur le bien et le mal. Tu es de mon bord, tu es le bien, tu es contre, c’est le mal. On nous éloigne du débat de fonds sur nos préoccupations légitimes», a mentionné le maire. M. Porlier avait un message pour ses collègues conseillers qui ont voté pour une résolution rejetant la tenue d’un référendum : «Ce que j’aimerais que les élus entendent, on ne peut pas être au-dessus des citoyens».

ITUM n’a pas pris position
Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie, était lui aussi présent à la marche. Il a expliqué que le conseil de bande n’a pas encore pris position sur le projet, mais qu’un processus de consultation est présentement en cours dans la communauté. Un référendum sur le projet est envisagé, a expliqué M. McKenzie.

Le chef n’a présentement pas d’échanges avec Mine Arnaud. Il a indiqué qu’il préférait avoir plus d’informations sur le projet avant d’entamer des discussions sur une entente ERA (répercussions et avantages). «Si le projet est au bénéfice de tous, j’invite le gouvernement à faire en sorte qu’on se prononce tous», a par la suite mentionné Mike McKenzie à la fin de la marche face à l’ancienne chapelle de Uashat, sur la rue Arnaud.

Manon Fournier devant l'Hôtel de Ville.

Manon Fournier devant l’Hôtel de Ville.

Une gerbe de fleurs pour la jeunesse
Les marcheurs se sont arrêtés à mi-chemin de leur parcours devant l’Hôtel de ville. Une gerbe de fleurs a été déposée symboliquement devant l’édifice «pour la jeunesse». Manon Fournier, porte-parole pour le Rassemblement de citoyens et enseignante responsable du programme des écoles vertes Brundtland (EVB), a rappelé les valeurs d’écologie et de développement durable qu’elle transmet à ses élèves dans le cadre de ce programme.

Le Rassemblement de citoyens, formé récemment, affirme depuis le début leur neutralité dans le débat. La Chambre de commerce de Sept-Îles mène présentement une campagne d’appui au projet à l’aide d’autocollants, d’affiches et de messages publicitaires à la radio. De leur côté, les trois groupes citoyens, qui suivent le projet depuis le début, se sont prononcés officiellement contre le projet de mine cet été.

En mars, une marche d’appui à Mine Arnaud avait rassemblé 2000 personnes sur le boulevard Laure. Dans son rapport, le BAPE n’a pas recommandé la tenue d’un référendum, puisqu’une telle démarche «cristalliserait» les positions.

(Photos : Le Nord-Côtier)

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