Mesures d’austérité: L’incertitude plane sur le réseau des CPE de la région

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 27 octobre 2014
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L’incertitude entourant l’avenir de la politique familiale fait craindre le pire à l’Association québécoise des centres de la petite enfance (APCPE), qui y voit une «menace sérieuse» aux services éducatifs de garde à l’enfance dispensés en milieu familial et en CPE. La Côte-Nord n’y fait pas exception, alors que les intervenants régionaux parlent d’une inquiétude sans précédent.

«Nous sommes inquiets, alarmés de constater que le principe fondateur de notre beau réseau est en péril», a lancé le président-directeur général de l’APCPE, Louis Senécal, de passage à Sept-Îles pour lancer une mobilisation provinciale sur l’importance du maintien de la politique familiale du Québec. Selon son organisation, depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, «on assiste à une attaque en règle du réseau des CPE», a-t-il martelé.

«Au lieu de défendre les familles, le ministre [Francine Charbonneau] travaille derrière des portes closes, assure M. Senécal, qui souligne que le gouvernement en place n’envoie pas de signaux encourageants pour l’avenir du réseau des centres de la petite enfance du Québec. «Au dernier budget, 70 millions $ ont été coupés dans les services de garde», soutient-il.

Pour l’APCPE, il ne fait pas de sens, de sabrer dans un service qui rapporte à la province. L’Association rappelle que le réseau contribue à l’augmentation du PIB québécois par le retour au travail de quelque 70 000 femmes. «Pourquoi s’attaquer à ce qui rapporte, questionne M. Senécal. C’est d’ailleurs l’objectif de notre tournée, de remettre les pendules à l’heure.»

Vives inquiétudes dans la région
L’incertitude a rapidement gagné la Côte-Nord où la moitié des établissements jongle avec des déficits. «On fêtera en mars notre 30e anniversaire, on a déjà vécu des périodes d’incertitude, mais comme celle-là, jamais. Il s’agit littéralement de la fin du réseau», a expliqué Danielle Maloney, directrice générale du CPE Sous le bon toit, qui opère deux CPE à Sept-Îles et le service de garde en milieu familial.

«Les compressions, les retards et les reports compromettent la capacité du réseau de répondre à sa mission», a-t-elle ajouté. La liste d’attente pour une place en garderie dépasse les 2000 noms sur la Côte-Nord, dont environ 800 à Sept-Îles seulement.

Avec le report annoncé par les libéraux, de la création de nouvelles places en CPE, c’est la construction de 15 installations qui ont été repoussées jusqu’en 2020 dans la région, ce qui représente 678 nouvelles places sur trois ans.

Le Parti québécois inquiet aussi
Présente lors de la conférence de presse, la députée de Duplessis a fait valoir l’inquiétude de son parti devant les positions du gouvernement libéral envers la politique familiale, créée en 1997 par le PQ. «Nous avons été au pouvoir pendant 18 mois et nous étions aussi conscients de l’état des finances publiques, sauf que nous avions fait le choix de préserver les familles québécoises», a dit Lorraine Richard.

«Nous allons vous épauler, il faut réveiller la population, les libéraux procèdent actuellement à un réel démantèlement du réseau des CPE, petit à petit», a-t-elle rajouté. Mme Richard a d’ailleurs confirmé qu’elle sera de la marche organisée le 9 novembre partout en province et à Sept-Îles.

Le rassemblement du 9 novembre s’inscrit dans une vaste mobilisation de l’APCPE. Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour le maintien de la politique familiale est aussi en ligne.

Des intervenants concernés sont également invités à porter une pièce de casse-tête à leur boutonnière, symbolisant la «pièce maitresse» de la campagne «Toujours fous de nos enfants?» Le réseau des CPE constitue 19 établissements dans la région.

Le président-directeur général de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, Louis Senécal et la députée de Duplessis, Lorraine Richard, se disent inquiets des intentions du gouvernement libéral quant au maintien de la politique familiale. (Photo : Le Nord-Côtier)

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