Marathon de Boston 2014 – « J’y vais pour savourer le plaisir que j’ai à pratiquer ce sport que j’adore » – Anne Ross

Par Sylvain Turcotte 12:00 AM - 15 avril 2014
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Le 15 avril 2013, une date marquante pour le mythique Marathon de Boston. La 117e édition de ce prestigieux événement de course à pied était marquée par des attentats, à quelques mètres de la ligne d’arrivée. La Septilienne Anne Ross y battait son meilleur temps de quelque sept minutes, un chrono qui lui aura, au bout du compte, porté chance. Lundi, elle vivra ce rendez-vous sportif pour une quatrième fois, cette fois, pour le plaisir de son sport et non de la compétition.

Lundi prochain, Anne Ross sera du départ du 118e Marathon de Boston. Chacune de ses enjambées se fera dans un état d’esprit totalement différent qu’à l’habitude. Pas de montre pour voir son rythme, les kilomètres restants, ni d’objectif de temps. Elle veut vivre l’événement, prendre le temps de regarder les gens, les Bostonnais qui sont si fiers de leur événement.

«Je vais courir sans objectif de temps précis. J’y vais pour savourer le plaisir que j’ai de pratiquer ce sport que j’adore. J’aurai une grande pensée pour ceux qui ont été blessés physiquement et moralement le 15 avril 2013, à quelque cent mètres de leur but», a-t-elle confié. La Septilienne compte marcher les quelque 100 derniers mètres menant à la ligne d’arrivée, question d’apprécier encore plus cette fin. «Je suis certaine que plusieurs coureurs vont faire comme moi», a-t-elle renchéri.

Tristes souvenirs!
Il y a pratiquement un an, des explosions sont venues ternir un si bel événement de course à pied. Trois morts, plus de 250 blessés physiques, sans oublier ceux et celles affectés par les scènes touchantes, marquantes, désolantes et surréalistes. «La ligne d’arrivée d’un marathon la plus triste que l’on puisse imaginer», a exprimé Anne Ross.

Les événements ont fait le tour du monde. L’angoisse était palpable au sein de planète de coureuses et coureurs. Retour sur le passé, sur les sentiments habités par la marathonienne de Sept-Îles, quelques heures après les tristes événements il y un an. «J’ai versé des larmes de joie à l’arrivée, je venais de battre mon meilleur temps, mais tout mon plaisir a rapidement disparu. À peine trois minutes après avoir franchi la ligne d’arrivée, on a entendu un énorme bruit, les gens criaient, j’ai vite compris qu’il venait de se passer quelque chose de gros», avait-elle raconté.

Son chrono de 3h43 au lieu de ses 3h50 habituelles lui a sauvé la vie ou l’a épargné de blessures plus grandes! Le destin aura aussi souri pour un couple d’amis de la Septilienne, M. Robert Guilbault, l’ancien président d’Aluminerie Alouette, et sa femme. Un problème d’alerte sur le téléphone intelligent du mari de Mme Ross a fait qu’il n’a pu leur indiquer qu’il était temps de se retrouver au lieu habituel, l’endroit des déflagrations.

« Leur » Marathon!
La fierté des gens du Massachusetts se fait sentir à bien des égards. Ils sont admiratifs pour les coureuses et coureurs, autant dans les jours précédents ou lors de l’événement. Ils sont des milliers, même des centaines de milliers à longer le parcours, pancartes en main, à y aller d’encouragements.

L’an dernier, dans un Home Depot de la région de Boston, Anne Ross, vêtue de son manteau du Marathon, a fait la rencontre d’un grand-père et deux de ses petites-filles. Ils lui ont alors dit qu’ils lui feraient une pancarte d’encouragement «Go Anne! Go Québec!». Lors de son passage à l’endroit mentionné, les trois y étaient. Que de gentillesse et de fierté!

La Septilienne Anne Ross courra sur le parcours marqué par de tristes événements il y a un an.

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