CSSS: Les travailleurs dénoncent l’impact des coupes budgétaires

Par 12:00 AM - 19 mars 2014
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Une soixantaine de personnes ont manifesté devant le Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de Sept-Îles le 19 mars, dénonçant l’effet des méthodes encourues par la direction pour enrayer le déficit budgétaire, qui atteint 2,6 millions $.

Les travailleurs manifestaient pour le maintien de soins de santé de qualité. Le Syndicat réclame l’arrêt des compressions budgétaires au CSSS de Sept-Îles, qui aurait vu son budget diminuer de 2 millions de dollars au cours des trois dernières années.Pour ramener l’équilibre budgétaire à l’établissement en déficit, la direction a annoncé la coupure de 32 000 heures travaillées, ce qui affecterait les soins à la population, selon le syndicat.

«Un préposé pour 34 personnes, c’est inacceptable», a martelé Steeve Heppel, président du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la santé et des services sociaux de Sept-Îles, affilié à la CSN. «Les soins, il faut qu’ils se donnent. Ce sont les soins directs à la population : c’est lui qui donne les bains, qui change les personnes, qui passe la nourriture», a-t-il poursuivi.

Une rencontre était prévue entre le syndicat et l’employeur prochainement. Les discussions ont cessé à la fin février, après le retrait du syndicat de la table. Ce dernier propose plutôt une gestion serrée des heures supplémentaires, un climat de travail sain pour réduire les absences et la réduction de l’utilisation des agences privées. Il estime, de cette manière, pouvoir obtenir une économie de 4 millions de dollars.

Compenser un manque
Joint par le journal, le directeur du CSSS de Sept-Îles, Jeannot Michaud, a affirmé qu’une telle sortie est légitime, mais qu’il croit que les discussions entre les parties permettraient davantage de trouver des solutions. M. Michaud constate qu’un des problèmes majeurs du CSSS est qu’il doit compenser pour le manque de ressources d’hébergement pour les aînés dans la communauté.

«L’absence de ressources fait que c’est l’hôpital qui prend la place et accepte ces gens-là parce que les familles ne savent plus où les mettre. Maintenant, il y a une limite à ça et c’est là-dessus que l’on travaille présentement : permettre à ces personnes-là d’avoir un milieu d’hébergement dans la communauté», a expliqué le directeur du CSSS de Sept-Îles.

En réglant cette problématique, il avance que 35 lits seraient libérés et que la charge de travail sur les employés serait allégée. Des démarches sont en cours à l’Office municipal d’habitation (OMH) et une annonce positive est espérée sous peu. «On a approché plusieurs partenaires parce que ça va devoir se faire à plusieurs niveaux. C’est un travail de longue haleine. Actuellement, nous avons déjà un premier partenariat qui va probablement émerger avec l’OMH, mais nous en avons donc aussi avec des partenaires privés, qui sont en discussions et on espère avoir quelque chose à annoncer dans les prochaines semaines», a révélé M. Michaud.

Par ailleurs, la direction du CSSS se dit également ouverte à regarder les solutions proposées par les syndiqués pour régler le déficit budgétaire.

Candidats présents
Certains des candidats de Duplessis étaient sur place durant la manifestation. Le représentant de Québec solidaire, Jacques Gélineau, a interprété l’événement comme une preuve du non-fonctionnement des choses à l’intérieur des hôpitaux. «Nous, ce qu’on veut faire, c’est une réorganisation du travail impliquant les parties patronale et syndicale. Désengorger le système de santé en canalisant la clientèle vers les CLSC et redonner à l’urgence son vrai rôle d’urgence. C’est pas normal d’y attendre 13 heures pour voir un médecin», a laissé entendre le candidat.

La députée sortante, Lorraine Richard, se souvient que ce n’est pas la première fois qu’il est question de réorganisation au CSSS de Sept-Îles. Elle a dit être intervenue auprès de la direction à plusieurs reprises, après avoir été interpellée par les gens. «Je sais que ce ne sera pas facile de faire cette réorganisation, mais si la direction n’écoute pas ce que les gens, qui y travaillent au quotidien, ont à leur dire, ça ne fonctionnera pas. Je pense que c’est tout le monde ensemble qu’on va y arriver», a-t-elle souligné.

Le candidat d’Option nationale, Yan Rivard, était aussi sur place pour prendre de l’information et appuyer les travailleurs face aux coupures. «Je voulais vraiment prendre le pouls et voir ce qu’ils avaient d’autre à proposer comme solution», a-t-il indiqué.

(Photo : Le Nord-Côtier)

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