Feu vert à l’exploration pétrolière: Bonne nouvelle pour le maire d’Anticosti

Par 12:00 AM - 14 février 2014
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Le potentiel pétrolier de l’île d’Anticosti sera finalement démystifié, alors que le gouvernement de Pauline Marois a annoncé des ententes avec des compagnies d’exploration, qui pourraient amener Québec à investir jusqu’à 115 millions $. Le maire d’Anticosti, Jean-François Boudreault, qui a appris la nouvelle en même temps que tout le monde hier, accueille favorablement ces partenariats.

Dès cet été, des travaux seront entrepris sur Anticosti. Une première entente entre Ressources Québec (RQ), une filiale d’Investissement Québec, Pétrolia, Corridor Resources et Maurel & Prom, représente des investissements de 100 millions $ sur l’île d’un peu plus de 230 habitants.

Une seconde entente, entre Junex, RQ et un exploitant qui reste encore à être déterminé, prévoit cette fois un programme d’exploration de 90 millions $. «Ces partenariats nous permettront de savoir une fois pour toute s’il y a du pétrole sur cette île du St-Laurent», a déclaré la première ministre, Pauline Marois, au moment d’en faire l’annonce, le 13 février.

Selon le gouvernement, ces ententes feront en sorte que Québec contrôlera près de 50% des permis sur l’île et obtiendra éventuellement plus de 60% des bénéfices liés à l’exploitation pétrolière. Les retombées économiques potentielles d’Anticosti sont estimées à 45 milliards $, sur 30 ans.

Des réponses attendues
Le maire d’Anticosti, Jean-François Boudreault, n’avait pas été préalablement avisé de cette annonce majeure. «Ce sont des compagnies qui sont cotées en bourse. On ne peut pas être avisé de quelque chose sur une compagnie qui est cotée en bourse, sinon, on se met en position de délit d’initié», a-t-il expliqué, au lendemain de l’annonce. Il a également précisé que la députée de Duplessis, Lorraine Richard, avait tenté de le joindre quelques heures avant que la nouvelle ne soit rendue publique, mais qu’il était absent.

Le conseil municipal d’Anticosti avait déjà donné son appui à la phase d’exploration de Pétrolia sur son territoire. «On veut savoir, c’est quoi les potentiels réels et les impacts qui vont être reliés à ça. On demande aussi que ça se fasse dans le plus grand respect de l’environnement et des autres utilisateurs», a ajouté M. Boudreault.

Il y a des décennies que des travaux sont menés sur l’île, mais sans jamais donner de résultats concrets. Cette fois, des réponses sont espérées. «Ce n’est jamais avec beaucoup de ténacité, sauf depuis les dernières années, où là, probablement que les nouvelles techniques d’exploitation peuvent amener à penser que c’est faisable. Oui, on veut connaitre le potentiel, parce que ça fait tellement longtemps qu’on en entend parler… On veut essayer de savoir réellement les quantités exploitables», a poursuivi Jean-François Boudreault.

Comité de suivi
Bien qu’aucun sondage officiel n’ait été réalisé, le maire affirme ressentir une certaine ouverture de la part de sa population, face à ces travaux. «De dire que c’est tout à fait gagné, ce serait exagéré, évidemment, parce que nous sommes au tout début des travaux. Cependant, je pense qu’il y a eu une communication et une certaine acceptabilité sociale», a-t-il fait savoir.

Un comité sera mis sur pieds afin de s’assurer de la maximisation des retombées locales à travers tout le processus, surtout si l’exploitation devait s’avérer économiquement viable. Il sera composé de citoyens d’Anticosti, favorables ou non, de gens du milieu des affaires, du tourisme, tout ça afin qu’il soit le plus représentatif possible de la population, a assuré M.Boudreault.

«On veut s’assurer qu’il y ait des retombés économiques et qu’on soit consulté dans la façon de faire et dans les emplacements où ce sera fait, parce qu’il y a d’autres utilisateurs des grosses pourvoiries. Il faut respecter certains périmètres dans ça», a-t-il précisé.

(Photo: archives)

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