La maison du pêcheur: Les prémices d’un événement historique

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 17 janvier 2014
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La maison du pêcheur a été le film projeté lors de l’ouverture de la 24e édition du Festival du film de Sept-Îles, Ciné7, le 16 janvier. Pour l’occasion, deux de ses artisans étaient présents pour discuter avec le public soit l’un de ses scénaristes et l’initiateur du projet, Jacques Bérubé et l’un de ses comédiens, Benoit Langlais.

Réalisé par Alain Chartrand, ce long-métrage s’intéresse à l’arrivée des frères Rose et de Francis Simard à Gaspé à l’été 1969, les quatre principaux acteurs de la crise d’octobre 1970 qui a mené au décès du vice-premier ministre, du Québec, Pierre Laporte. À cet endroit, ils ont opéré la maison du pêcheur qui est rapidement devenu un lieu de rassemblement. Un établissement qui n’a pas fait le bonheur des autorités et des commerçants de la place qui souhaitaient sa fermeture, car ceci nuisait à l’économie de la municipalité en faisant fuir certains touristes mieux nantis.

En allant de l’avant avec ce projet de long-métrage, Jacques Bérubé souhaitait faire connaître aux Québécois une page méconnue de leur histoire. «Douze ans après la crise d’octobre, j’ai fait la rencontre de Paul Rose. Il m’a raconté de manière anecdotique l’histoire de La Maison du pêcheur, confie-t-il. Ça m’a donné une autre vision des acteurs de la crise d’octobre que l’on décrit comme des monstres. J’ai constaté que Paul avait une pensée politique très développée. En aucun cas, il n’était un être violent.»

Même si plusieurs éléments du film relèvent de la fiction, le scénariste demeure convaincu qu’il est important de faire connaître les fondements de cet événement sombre de l’histoire du Québec, qui se doit de figurer dans les différents livres d’histoire, par son côté marquant. Un fait qui est la preuve concrète d’un important désir d’indépendance et d’égalité nourrit par certains citoyens de la province. «À l’époque, l’indépendance était un projet politique, ce n’était pas seulement le rejet du Canada, a soutenu M Bérubé. L’objectif visé était surtout l’égalité entre tous.»

Parmi les projets qu’il aimerait bien réaliser au cours des prochains mois, M. Bérubé effectue des démarches pour produire un long-métrage portant sur l’expropriation des citoyens qui résidaient sur le territoire du parc Forillon au début de la décennie 70. Un projet qui a jusqu’à maintenant fait l’objet de deux refus de financement. Il s’intéresse aussi à une anecdote concernant la disparition d’un curé de Bonaventure qui a été retrouvé mort. Une histoire loufoque qui a mené, entre autres, à l’arrestation d’un jeune homme.

Benoît Langlais
Le comédien espère sincèrement que tous ceux et celles qui auront visionné le film auront une vision moins cynique de la vie politique. «Beaucoup de gens croient qu’en votant, ils ont fait leur devoir de citoyen. Ça ne se limite pas à ça. Je m’inclus là-dedans. C’est un constat que j’ai fait. On a parfois l’impression que notre vote ne sert en rien, car on se questionne sur le principe de représentativité», a soulevé celui qui dit avoir retiré beaucoup de la rencontre avec Paul Rose, qu’il voit maintenant différemment.

En ce moment, le comédien est en attente de réponse sur plusieurs projets. Il n’est pas donc pas en mesure de dévoiler quoi que ce soit. Pour demeurer actif dans le milieu, il effectue aussi certains contrats de narrations pour de la publicité.

Il est à noter que le film «La maison du pêcheur» sortira en DVD à la fin février. Au même moment, il sera aussi projeté à Vancouver dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois.

Benoît Langlais et Jacques Bérubé étaient visiblement heureux de tous les commentaires reçus par les cinéphiles après la projection du film lors de la soirée d’ouverture de Ciné7. Une œuvre qui trace un portrait de la société québécoise à la fin des années 60 où plusieurs citoyens nourrissaient un fort sentiment d’indépendance et d’égalité. (Photo : Le Nord-Côtier)

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