Port-Cartier : Le Bureau bleu sera rasé

Par 12:00 AM - 13 novembre 2013
Temps de lecture :

L’imposant Bureau bleu ne surplombera plus Port-Cartier, alors que son groupe de propriétaires a dû se résoudre à le démolir face aux frais trop onéreux qu’aurait entrainés sa restauration. Le bâtiment qui abritait jusqu’en 2006 les bureaux de la compagnie minière Québec Cartier sera mis à terre, dans les prochains mois.

Acquis en premier lieu par une compagnie à numéro ayant omis de payer ses taxes municipales, l’édifice construit dans les années soixante a ensuite été racheté aux enchères pour un peu plus de 100 000$. Celui que l’on surnomme le «Bureau bleu» devait alors être transformé en habitations luxueuses et intégré au projet de condominiums de 47 millions $ du promoteur montréalais, Jean Gosselin.

Les coûts de construction trop élevés sont la principale cause de ce revirement. Tout comme pour le reste des immeubles qui seront érigés dans le cadre du projet Les Hauteurs, celui qui prendra la place du Bureau bleu sera préfabriqué en usine. «Après avoir fait durant plus de six mois des plans, des ajustements, des soumissions et des appels d’offres, nous nous sommes rendu compte, à la fin de 2012, que les coûts de construction étaient trop élevés par rapport au produit et au marché potentiel», a expliqué Jean Gosselin.

Constructions dispendieuses
Selon ses évaluations, les coûts de construction dans la région seraient entre 35 et 38% plus élevés qu’ailleurs au Québec. «Ça coûte plus cher construire chez vous que dans une grande ville comme Montréal. C’est une question de main-d’œuvre, de proximité. Il a fallu que l’on change notre fusil d’épaule», a renchéri l’homme d’affaires.

En raison de ces imprévus, le projet accuse maintenant plus d’une année de retard. La prévente des unités d’habitation a débuté dans les derniers jours. Selon la demande, près de 200 condos pourraient être construits, puis vendus pour un prix variant entre 250 000 $ et 300 000 $. Les premières livraisons sont prévues pour le printemps 2014.

La Société historique réagit
La Société historique de Port-Cartier considère qu’un symbole portcartois va disparaître, alors que la démolition du Bureau bleu est prévue par son nouveau propriétaire. Plusieurs Portcartois ont œuvré pendant une quarantaine d’années dans le bâtiment érigé en juillet 1961 par la minière Québec-Cartier.

Pour l’inauguration de ce qui allait être les bureaux administratifs de la compagnie, le premier ministre Jean Lesage était sur place. L’évêque du diocèse Hauterive, Mgr. Gérard Couturier avait même procédé à la bénédiction de l’édifice, en sa présence. «Lorsqu’il sera mis à terre, il y aura certainement un peu de nostalgie qui sera vécue par ces gens-là, qui habitent encore ici», a indiqué le président de la Société historique de Port-Cartier, Jean-Marie Martin.

L’organisme considère l’immeuble comme une partie du patrimoine de Port-Cartier. «C’est un pan de l’histoire de Port-Cartier, un symbole qui va disparaître», a ajouté M. Martin. L’ingénieur, Jean-Paul Drolet, premier Canadien français à avoir travaillé pour la minière et responsable de de la création de l’immeuble, a joué un grand rôle dans le développement de la ville. On lui doit le nom Port-Cartier et la fondation du premier conseil municipal.

«Si on n’avait pas eu la minière Québec-Cartier, la ville s’appellerait peut-être encore Shelter Bay», a-t-il expliqué. Le Centre Cartier et l’ancien hôpital font aussi partie du patrimoine de la municipalité, mais le Bureau bleu y occupait une place encore plus significative selon M. Martin. «Pendant au-delà de 40 ans, le Bureau bleu a permis à Port-Cartier, malgré les difficultés, de se développer et même de doubler la population», a rappelé le président de la Société historique.

(Photo: archives – Le Nord-Côtier)

Partager cet article